Plus de 1 200 personnes ont été tuées lors de l'attaque du 7 octobre 2023, dont 348 au festival Nova et 64 à Kfar Aza, avec 251 personnes enlevées à Gaza. Les commémorations se déroulent en pleine campagne électorale, les rivaux de Netanyahu dénonçant un « échec colossal » et réclamant une commission d'enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires.
Israël commémore le 7-Octobre dans un climat politique tendu avant les législatives
C'est la minute qui a changé nos vies à jamais
Pourquoi cette commémoration du 7-Octobre est-elle si chargée politiquement cette année?
Parce qu'elle se déroule en pleine campagne électorale, trois semaines avant les élections législatives. Les rivaux de Netanyahu en profitent pour le critiquer sur sa gestion de la sécurité ce jour-là.
Mais attendez — est-ce que les critiques sur les "défaillances sécuritaires" sont documentées par une enquête officielle, ou c'est juste des accusations électorales?
C'est une question ouverte. L'article mentionne que des appels se poursuivent pour une commission d'enquête indépendante, mais elle n'existe pas encore.
Et les familles des victimes, comment vivent-elles cette politisation?
Elles semblent divisées. Certaines participent aux cérémonies officielles, d'autres organisent leurs propres événements. Katia Zohar et Anna Davitashvili parlent surtout de leur deuil personnel, pas de politique.
L'article dit que le Hamas a publié un communiqué mercredi. Mais contrôle-t-il vraiment "une partie" de Gaza, ou c'est plus compliqué que ça?
L'article dit qu'il est "affaibli" mais qu'il contrôle toujours une partie du territoire. C'est vague, mais c'est ce qu'on sait.
Et les 74 200 morts à Gaza — ce chiffre vient d'où exactement?
Du ministère de la Santé palestinien, qui est sous l'autorité du Hamas. L'ONU le juge fiable, mais c'est important de savoir que la source est palestinienne.
C'est un point légitime. Les chiffres de victimes sont toujours contestés dans ces conflits.
Donc, en résumé, Israël commémore ses morts pendant que la guerre continue et que la politique électorale s'en mêle?
Exactement. C'est un moment de deuil sincère, mais aussi un moment de tensions politiques très réelles.
Le Pouls
- 1 221 personnes tuées le 7 octobre 2023, dont 348 au festival Nova et 64 à Kfar Aza
- 251 personnes enlevées et emmenées à Gaza, dont 44 corps
- Élections législatives prévues le 27 octobre 2026
- Plus de 74 200 morts à Gaza selon le ministère de la Santé palestinien depuis l'offensive israélienne
Plus de 1 200 personnes ont été tuées lors de l'attaque du 7 octobre 2023, dont 348 au festival Nova et 64 à Kfar Aza, avec 251 personnes enlevées à Gaza. Les commémorations se déroulent en pleine campagne électorale, les rivaux de Netanyahu dénonçant un « échec colossal » et réclamant une commission d'enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires.
Israël a commémoré mercredi l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, la journée la plus meurtrière de son histoire, avec des cérémonies marquées par des appels à des comptes et des tensions politiques avant les élections législatives du 27 octobre.
Mercredi, Israël s'est arrêté pour se souvenir. À 6 h 29 du matin — l'heure précise où tout a basculé trois ans plus tôt — des proches des victimes se sont rassemblés sur le site du festival Nova, à Réïm, pour une minute de silence. C'est là que 348 jeunes gens avaient été tués lors de l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, la journée la plus meurtrière de l'histoire du pays. Katia Zohar, mère de Bar, tuée à 23 ans, s'est confiée aux journalistes. Elle se souvient de l'appel de sa fille ce matin-là, lui demandant de venir la chercher parce que des missiles tombaient du ciel. Puis l'autre appel, depuis la route, sa fille hurlant qu'on lui tirait dessus. "C'est la minute qui a changé nos vies à jamais", a-t-elle dit.
Dans le kibboutz de Kfar Aza, situé à quelques kilomètres seulement de la bande de Gaza, 64 personnes avaient péri et 19 autres avaient été enlevées. Les habitants se sont réunis en silence mercredi pour lire, l'un après l'autre, les noms de chacune des victimes. Zion Regev, représentant de la communauté, a expliqué que la plupart des résidents n'avaient toujours pas réintégré leurs foyers. Le traumatisme du 7-Octobre continuait de les hanter. "C'est la première fois que nous faisons ça dans le kibboutz. C'est une journée très éprouvante", a-t-il déclaré.
Les chiffres bruts racontent une partie de l'histoire. L'attaque du Hamas avait tué 1 221 personnes selon le décompte de l'Agence France-Presse. Deux cent cinquante et une autres avaient été enlevées et emmenées à Gaza, dont 44 corps. Mais cette année, les commémorations se déroulaient en pleine campagne électorale, à trois semaines des élections législatives du 27 octobre. C'était les premières depuis l'attaque, et elles se tenaient dans un climat politique tendu. Les rivaux de Benjamin Netanyahu ont saisi l'occasion pour dénoncer ce qu'ils appelaient "un échec colossal de l'État d'Israël". L'ex-Premier ministre Naftali Bennett a réclamé des comptes. Des militants ont dessiné des silhouettes sur la plage de Tel-Aviv, symbolisant les victimes, et ont appelé à la création d'une commission d'enquête indépendante sur les défaillances sécuritaires de cette journée.
Le Premier ministre Netanyahu, lui, a publié un communiqué affirmant que "le peuple s'unit dans le souvenir et la nostalgie de nos êtres chers". "Nous achèverons la mission", a-t-il écrit. "Nous sommes là et nous demanderons des comptes à tous les meurtriers." Le président israélien Isaac Herzog a prononcé un discours différent. "Nous sommes une nation dans la souffrance, mais nous faisons preuve d'une résilience immense", a-t-il déclaré lors d'une cérémonie en fin de journée. "Nous danserons à nouveau, nous vivrons à nouveau."
Anna Davitashvili, 53 ans, a rendu hommage à son fils Shaun, tué à 25 ans au festival Nova, en diffusant le dernier morceau de musique techno sur lequel les fêtards dansaient au moment de l'attaque. Les larmes aux yeux, elle a dit simplement : "Il me manque." En fin de soirée, un parc de Tel-Aviv a accueilli une cérémonie commémorative organisée par des survivants et des familles endeuillées, réunissant plusieurs milliers de personnes autour de chansons, d'hommages et de vidéos. L'événement était co-animé par Eli Sharabi, ancien otage qui avait perdu son épouse, ses deux filles et son frère lors de l'attaque et de la captivité. Les chefs de l'opposition, dont Gadi Eisenkot, principal rival de Netanyahu, y ont assisté.
Pendant ce temps, à Gaza, la guerre continuait. Des journalistes de l'AFP stationnés près de la frontière ont entendu mercredi de fortes explosions provenant du territoire palestinien. Cinq personnes y ont été tuées dans des frappes israéliennes, selon les hôpitaux locaux. L'armée israélienne a affirmé que deux d'entre elles étaient des "terroristes" du Hamas. Depuis l'attaque du 7 octobre, Israël avait lancé une vaste offensive à Gaza qui avait fait plus de 74 200 morts, selon le ministère de la Santé du territoire palestinien, des chiffres jugés fiables par l'ONU. Un cessez-le-feu fragile était entré en vigueur en octobre dernier, mais les frappes israéliennes restaient régulières. Le Hamas, bien qu'affaibli, contrôlait toujours une partie de la bande de Gaza. Mercredi, le mouvement avait publié un communiqué qualifiant le 7-Octobre de "jour glorieux de l'histoire de notre peuple". Le président américain Donald Trump, interrogé par des journalistes, avait déclaré que c'était "une journée horrible, une tragédie horrible", avant d'ajouter : "L'autre camp paie un prix très lourd pour ce qu'il a fait le 7 octobre, croyez-moi."
Citations marquantes
C'est la minute qui a changé nos vies à jamais— Katia Zohar, mère de Bar, tuée au festival Nova
Nous sommes une nation dans la souffrance, mais nous faisons preuve d'une résilience immense— Isaac Herzog, président israélien