La solution à deux États s'effondre : seulement 17% des Israéliens y croient encore

Moins d'un cinquième de chaque population envisage encore une coexistence pacifique
Trois ans après le 7-Octobre, le Pew Research Center mesure l'effondrement de la confiance mutuelle entre Israéliens et Palestiniens.
Mark

Comment interpréter ces chiffres ? 17% et 21%, c'est vraiment si bas ?

Mimi

Oui. Avant 2023, même pendant les périodes de tension, les sondages montraient généralement que 40 à 50% des deux populations soutienaient au moins théoriquement une solution à deux États. Tomber à moins d'un cinquième, c'est un changement structurel.

Luke

Mais attendez — on ne sait pas ce que les gens entendaient par « coexistence pacifique ». La question était-elle précise ? Et 46% des Arabes israéliens ont refusé de répondre. Ça change tout.

Mimi

C'est vrai. Le refus de répondre suggère peut-être une ambivalence, ou une méfiance envers le sondage lui-même. Ce silence est aussi une donnée.

Mark

Et Gaza ? Pourquoi l'enquête n'a pas pu y être menée ?

Mimi

Le cessez-le-feu est fragile. L'institut a jugé qu'il était trop risqué ou trop instable pour mener une enquête fiable. Mais c'est un problème : les Gazaouis ont vécu trois ans de guerre directe.

Luke

Exactement. On mesure l'opinion en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, mais pas à Gaza. Ce n'est pas un portrait complet d'Israël et de la Palestine.

Mark

Qu'est-ce que cela signifie pour les négociations de paix ?

Mimi

Si moins d'un cinquième des gens croient à la possibilité même d'une coexistence, les gouvernements qui tentent de négocier n'ont pas de base politique solide. C'est un obstacle majeur.

Luke

Ou peut-être que les gouvernements ne négocient plus vraiment. Peut-être que ce sondage mesure simplement l'absence de processus de paix.

Mark

Donc ce n'est pas que les gens ont perdu confiance dans la solution à deux États. C'est qu'il n'y a plus de solution du tout sur la table.

Mimi

C'est une façon de le dire, oui.

  • Trois ans après les attaques du 7-Octobre, la foi en une coexistence pacifique a atteint son niveau le plus bas jamais mesuré par le Pew Research Center.
  • Moins d'un cinquième des Israéliens et à peine plus d'un cinquième des Palestiniens croient encore que deux États pourraient vivre en paix — un effondrement qui dépasse le simple pessimisme.
  • Près de la moitié des Arabes israéliens ont refusé de répondre à la question sur la coexistence, laissant un silence éloquent là où une réponse était attendue.
  • Gaza, épicentre du conflit, est entièrement absent du sondage, créant une lacune qui fragilise la portée des conclusions.
  • Les gouvernements continuent de parler de paix, mais le fossé entre les discours diplomatiques et ce que croient réellement les populations n'a jamais semblé aussi profond.

Trois ans après le 7-Octobre, un sondage du Pew Research Center pose un constat douloureux : la solution à deux États, longtemps présentée comme l'horizon inévitable de la paix au Proche-Orient, ne convainc plus que 17% des Israéliens et 21% des Palestiniens. Ce n'est pas seulement une statistique — c'est le reflet d'une confiance mutuelle qui s'est consumée sous le poids des pertes, de l'absence de diplomatie et de trois années de rupture. Quand les peuples eux-mêmes cessent de croire à la possibilité de vivre côte à côte, les négociateurs se retrouvent à bâtir sur du sable.

Trois ans après le 7-Octobre, un sondage du Pew Research Center mesure l'ampleur du désenchantement : seuls 17% des Israéliens et 21% des Palestiniens croient encore qu'Israël et un État palestinien pourraient coexister pacifiquement. Ces chiffres, publiés le jour anniversaire des attaques, traduisent l'effondrement d'une confiance qui semblait déjà vacillante avant la crise.

L'enquête revêt une importance particulière car c'est la première fois depuis de nombreuses années que le Pew Research Center interroge directement les Palestiniens de Cisjordanie et de Jérusalem-Est. Entre fin mars et début mai, l'institut a questionné plus de mille personnes de chaque côté. Gaza, en revanche, est resté hors de portée : le cessez-le-feu fragile en vigueur rendait toute collecte de données fiables impossible, laissant sans voix les populations les plus directement frappées par le conflit.

Le silence a aussi ses propres chiffres : 46% des Arabes israéliens ont refusé de répondre à la question sur la coexistence. Cette réticence, non expliquée par l'institut, dit quelque chose de la position singulière et inconfortable de cette communauté dans le paysage politique israélien.

Au-delà des limites méthodologiques, la tendance est sans ambiguïté. Pendant des décennies, la solution à deux États était au moins théoriquement acceptée comme cadre de négociation. Aujourd'hui, elle ne mobilise plus qu'une infime minorité des deux côtés. Quand les fondations populaires d'un accord de paix s'effritent à ce point, les discussions diplomatiques risquent de ne plus reposer que sur des conventions de façade, déconnectées des réalités vécues par ceux qu'elles sont censées réconcilier.

Trois ans après le 7-Octobre, la perspective d'une paix durable entre Israéliens et Palestiniens s'est réduite à presque rien. Un sondage du Pew Research Center, publié exactement trois ans après les attaques terroristes et la riposte militaire israélienne à Gaza, révèle l'ampleur du désenchantement : seuls 17% des Israéliens et 21% des Palestiniens croient encore qu'Israël et un État palestinien pourraient coexister pacifiquement. Ces chiffres incarnent l'effondrement d'une confiance mutuelle qui semblait déjà fragile avant la crise.

Cette enquête revêt une importance particulière : c'est la première fois depuis de nombreuses années que le Pew Research Center interroge directement la population palestinienne en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. L'institut américain a mené ses entretiens entre le 30 mars et le 6 mai, questionnant 1001 personnes en Israël et 1038 en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Les chercheurs n'ont pas pu étendre l'enquête à Gaza, où le cessez-le-feu fragile en vigueur depuis près d'un an rendait impossible la collecte de données fiables. Cette absence crée une lacune importante : les habitants de Gaza, qui ont connu les conséquences les plus directes du conflit, ne sont pas représentés dans ces chiffres.

Le refus de participer révèle aussi quelque chose. Près de la moitié des Arabes israéliens, soit 46%, ont décliné de répondre à la question sur la coexistence pacifique. Les raisons de ce silence n'ont pas été explicitées par l'institut, mais il suggère une réticence ou une ambivalence particulière au sein de cette population, qui occupe une position unique dans le paysage politique israélien.

Les pourcentages eux-mêmes racontent une histoire de rupture. Qu'un cinquième seulement de chaque population envisage une solution à deux États représente un changement radical par rapport aux décennies précédentes, quand cette formule était au moins théoriquement acceptée comme cadre de négociation. Le sondage ne détaille pas les raisons précises du désenchantement, mais le contexte est clair : trois années de tensions accrues, de pertes humaines massives, et d'absence de progrès diplomatiques ont usé les derniers espoirs.

Cette mesure du Pew Research Center arrive à un moment où les discussions sur la paix au Moyen-Orient sont au point mort. Les gouvernements régionaux et internationaux continuent de parler de solutions diplomatiques, mais le fossé entre les élites politiques et les populations qu'elles représentent s'est creusé. Quand moins d'un cinquième des gens croient à la possibilité même d'une coexistence, les fondations sur lesquelles reposent les négociations de paix deviennent extrêmement fragiles.

Les données soulèvent aussi des questions sur leur représentativité. L'absence de Gaza signifie que les opinions des populations les plus affectées par le conflit ne sont pas capturées. Le refus massif de répondre parmi les Arabes israéliens suggère que le sondage ne raconte peut-être pas l'histoire complète des attitudes au sein d'Israël lui-même. Néanmoins, les chiffres disponibles indiquent une tendance claire : la confiance s'est effondrée, et avec elle, la viabilité politique de la solution à deux États telle qu'elle a été envisagée pendant des décennies.

J'ai perdu toute confiance dans le peuple palestinien
— Titre du sondage, reflétant le sentiment exprimé par les répondants israéliens
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