Depuis trois semaines, les lycéens français descendent dans la rue pour réclamer non pas le retrait d'une loi isolée, mais une refonte profonde de leur avenir : la suppression de Parcoursup et dix milliards d'euros pour leurs établissements. Ce mardi 13 octobre, ils tentent un « acte V » décisif, conscients que la participation s'effrite et que les vacances de la Toussaint approchent comme une frontière naturelle. Le gouvernement parle de concertation ; les jeunes, eux, parlent de miettes — et c'est dans cet espace entre deux langages que se joue l'avenir du mouvement.
Acte V de la mobilisation lycéenne : manifestations et tensions ce mardi, le gouvernement sous pression
Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher
Pourquoi le gouvernement pense-t-il que le mouvement s'essouffle ?
Les chiffres de participation sont en baisse nette. De 256 000 manifestants mardi dernier à 71 500 jeudi. C'est une chute de plus de 70 %. Le ministre de l'Éducation dit que les perturbations sont « plus circonscrits ».
Mais une baisse de participation ne signifie pas nécessairement un essoufflement du mouvement. Ça peut aussi être un effet de fatigue temporaire avant un grand rendez-vous. Et 71 500 personnes, c'est encore beaucoup.
Qu'est-ce que les lycéens demandent exactement ?
Deux choses principales : la suppression totale de Parcoursup et un plan de dix milliards d'euros pour les lycées. Mais c'est plus large que ça. Ils parlent aussi de postes d'enseignants non pourvus, d'emplois du temps trop longs, de l'état des bâtiments.
Le gouvernement a déployé 3 000 professeurs remplaçants. C'est une réponse, même si les lycéens la jugent insuffisante. On ne sait pas si c'est vraiment des « miettes » ou si c'est une base de négociation.
Pourquoi les enseignants du lycée Paul-Éluard ont-ils occupé l'établissement ?
Ils voulaient porter les revendications des élèves et protester contre les fermetures d'établissements, qu'ils voient comme une tentative de « casser le mouvement ». Mais seulement une dizaine sur 180 personnels ont participé.
C'est important de noter que la plupart des enseignants n'ont pas participé. L'une des raisons citées est la peur d'une intervention policière. Ça montre que même parmi les sympathisants, il y a de la réticence à escalader.
Qu'est-ce qui pourrait se passer mardi ?
Les lycéens espèrent relancer le mouvement avec cet « acte V ». Ils organisent des cortèges à Paris, Marseille, Nice, Poitiers. Ils veulent aussi se connecter à une journée d'action pour le pouvoir d'achat le 17 octobre.
Mais le gouvernement espère une décélération avant les vacances de la Toussaint. C'est un moment charnière. Si la participation reste basse mardi, le mouvement pourrait vraiment s'essouffler. Si elle remonte, ça change tout.
Macron a appelé au calme. Ça va aider ?
Il a aussi reconnu que les revendications méritent du temps et de la concertation. Mais il a critiqué les tentatives de « récupération » du mouvement, visant La France insoumise. C'est un équilibre délicat.
On ne sait pas si les lycéens vont voir ça comme une ouverture ou comme du mépris. Et il y a eu au moins un incident grave : un lycéen a perdu une main lors d'affrontements. Ça change la température du débat.
Le Pouls
- La mobilisation perd du souffle : 256 000 manifestants la semaine passée, 71 500 jeudi dernier — les chiffres racontent une érosion que les lycéens veulent stopper coûte que coûte.
- Un lycéen a perdu une main lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, rappelant que derrière les cortèges, il y a des corps et des vies abîmées.
- L'Union syndicale lycéenne rejette les mesures gouvernementales comme de simples « miettes » et maintient ses deux exigences : abolir Parcoursup et investir dix milliards dans les lycées.
- Six syndicats de l'Éducation nationale rejoignent le mouvement pour cet « acte V », élargissant la contestation au-delà des seuls élèves et lui donnant un nouveau souffle institutionnel.
- Le spectre des gilets jaunes plane : une journée pour le pouvoir d'achat est prévue le 17 octobre, et les lycéens espèrent fusionner les deux colères en une seule vague.
- Mardi soir dira si le mouvement peut encore peser avant les vacances, ou s'il entre dans une phase d'essoufflement que le gouvernement attend patiemment.
Depuis trois semaines, les lycéens français descendent dans la rue pour réclamer non pas le retrait d'une loi isolée, mais une refonte profonde de leur avenir : la suppression de Parcoursup et dix milliards d'euros pour leurs établissements. Ce mardi 13 octobre, ils tentent un « acte V » décisif, conscients que la participation s'effrite et que les vacances de la Toussaint approchent comme une frontière naturelle. Le gouvernement parle de concertation ; les jeunes, eux, parlent de miettes — et c'est dans cet espace entre deux langages que se joue l'avenir du mouvement.
Le mouvement lycéen français aborde sa troisième semaine avec une participation en chute libre — de 256 000 manifestants à 71 500 en l'espace de sept jours. C'est pour inverser cette tendance que les organisations lycéennes ont convoqué un « acte V » ce mardi 13 octobre, avant que les vacances de la Toussaint ne viennent briser définitivement l'élan.
Les revendications restent entières : suppression de Parcoursup et plan d'investissement de dix milliards d'euros pour les lycées. Les mesures annoncées par le gouvernement — dont le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants — ont été balayées d'un mot par l'Union syndicale lycéenne : « miettes ». La contestation est plus diffuse que lors des mobilisations passées contre la loi Fillon ou le CPE ; elle embrasse l'état des bâtiments, les postes vacants, les emplois du temps surchargés et l'angoisse de l'orientation post-bac.
La veille du grand rendez-vous, une dizaine d'enseignants et de surveillants du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis ont occupé leur établissement pour la nuit, une banderole « Lycée occupé » accrochée aux grilles avant d'être arrachée. Geste symbolique, fragile, mais révélateur d'un soutien du personnel qui hésite encore à franchir le pas.
Pour mardi, des cortèges sont prévus à Paris, Marseille, Nice et Poitiers, renforcés par une coalition de six syndicats de l'Éducation nationale. Emmanuel Macron a appelé à manifester « dans le calme et dans l'ordre », reconnaissant que les revendications des jeunes « méritent du temps et de la concertation », tout en dénonçant les tentatives de récupération politique. Les lycéens, eux, réclament toujours une audience auprès du Premier ministre Sébastien Lecornu, sans réponse.
Un sondage Ipsos-BVA indique que 54 % des Français soutiennent le mouvement. Avec une journée d'action pour le pouvoir d'achat prévue le 17 octobre, les lycéens espèrent élargir leur contestation en une mobilisation nationale plus large. Mardi sera le test décisif : soit le mouvement retrouve son amplitude, soit il entre dans une lente extinction avant les vacances.
Le mouvement de protestation des lycéens français entre dans sa troisième semaine, et les chiffres racontent une histoire de momentum qui s'érode. Jeudi dernier, 71 500 manifestants se sont rassemblés dans les rues du pays. Une semaine plus tôt, ce chiffre atteignait 256 000. C'est dans ce contexte de participation déclinante que les organisations lycéennes ont appelé à un « acte V » de mobilisation pour mardi 13 octobre, un rendez-vous qu'elles espèrent décisif avant que les vacances de la Toussaint ne viennent fracturer davantage un mouvement déjà fragilisé.
Les réponses du gouvernement n'ont pas apaisé la contestation. L'Union syndicale lycéenne les a qualifiées de « miettes », un terme qui résume le fossé entre ce que l'exécutif a proposé et ce que les jeunes réclament. Le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants, annoncé la semaine précédente, n'a pas suffi. Les organisations lycéennes maintiennent deux revendications majeures : la suppression pure et simple de Parcoursup et un plan d'investissement de dix milliards d'euros pour les lycées. Ces demandes ne portent pas sur un texte unique à retirer ou une mesure isolée à annuler, comme lors des mobilisations passées contre la loi Fillon en 2005 ou le CPE en 2006. Cette fois, la contestation est plus large, plus diffuse, englobant l'état délabré de certains établissements, les postes d'enseignants vacants, les emplois du temps étouffants et l'anxiété générée par le système d'orientation post-bac.
Lundi soir, avant le grand rendez-vous de mardi, une dizaine de professeurs et de surveillants du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis ont décidé d'occuper leur établissement pour la nuit. Sur environ 180 personnels, seule cette poignée s'est mobilisée. Une enseignante a expliqué que la décision s'était prise au dernier moment, rendant l'organisation difficile. Elle a aussi soulevé une crainte partagée : celle d'une intervention policière pour les déloger. Une banderole « Lycée occupé » avait été accrochée aux grilles, non loin du portail noirci par les feux de précédents blocages, mais elle a été rapidement arrachée. Malgré les réticences et les peurs, une majorité du personnel avait exprimé son soutien aux revendications des élèves, même si certains questionnaient l'utilité d'une occupation nocturne.
Pour mardi, les manifestants ont prévu des cortèges dans plusieurs villes. À Paris, le départ est fixé à 14 heures depuis la place d'Italie, direction les Invalides. Marseille se mobilise à 10h30, Nice et Poitiers à 14 heures. Ces rassemblements doivent s'élargir aux personnels de l'Éducation nationale, sous l'impulsion d'une coalition de six syndicats : la FSU, l'UNSA Éducation, la FNEC FP FO, la CFDT Éducation Formation et Recherche Publiques, la CGT Educ'action et SUD Éducation. Le même groupe avait lancé la première manifestation le 29 septembre. Une autre marche, non déclarée, doit relier l'Hôtel de ville à Matignon, le siège du gouvernement.
Emmanuel Macron a appelé lundi à ce que la mobilisation se déroule « dans le calme, dans l'ordre et dans le respect à la fois des personnes et des biens ». Le président a reconnu que les revendications des jeunes « méritent du temps, de la concertation, de la discussion, du respect ». Il a aussi critiqué les tentatives de « récupération » du mouvement, une allusion directe à La France insoumise et à Jean-Luc Mélenchon, qui a lui aussi appelé à l'abolition de Parcoursup. Le gouvernement affirme avancer sur le dossier, avec tous les ministres concernés « sur le terrain » pour mener ce travail d'écoute et de concertation.
Mais les lycéens ne sont pas convaincus. « Ils ne nous écoutent pas, on va les chercher », a déclaré l'Union étudiante sur les réseaux sociaux. Les organisations lycéennes demandent depuis plusieurs jours à être reçues par le Premier ministre Sébastien Lecornu, sans succès apparent. Le ministre de l'Éducation nationale Édouard Geffray a estimé que « le mouvement reculait nettement dans ses effets sur l'ouverture des établissements, avec des foyers de perturbation désormais plus circonscrits ». C'est précisément ce que les lycéens veulent contredire mardi.
Le contexte politique s'épaissit. Une journée d'action pour le pouvoir d'achat est prévue le 17 octobre, réveillant les fantômes des gilets jaunes. Les lycéens espèrent faire la jonction entre leur mobilisation et celle-ci, transformant un mouvement scolaire en contestation plus large. Selon un sondage Ipsos-BVA publié dimanche, 54 % des Français soutiennent le mouvement lycéen. Cet appui public pourrait donner du poids à l'« acte V » de mardi, mais aussi rappeler au gouvernement que le temps presse : avant les vacances, il faut soit satisfaire les jeunes, soit les voir s'essouffler. Mardi décidera de la trajectoire du mouvement.
Citations marquantes
Les réponses du gouvernement ne sont que des miettes— Union syndicale lycéenne
Le mouvement reculait nettement dans ses effets sur l'ouverture des établissements, avec des foyers de perturbation désormais plus circonscrits— Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale