Une cyberattaque vendredi a perturbé le vote électronique, forçant les organisateurs à prolonger le scrutin jusqu'à dimanche, rendant le résultat plus incertain. Glucksmann (10-12% des intentions) affronte le patron du PS Olivier Faure (3-5%), Ségolène Royal et deux autres candidats pour 140.000 votants.
Primaire de la gauche : Glucksmann favori mais le suspense persiste après une cyberattaque
Le seul à croire en une victoire de la social-démocratie
Pourquoi cette cyberattaque change-t-elle vraiment quelque chose ? Glucksmann était déjà favori avant vendredi.
Oui, mais le timing compte. Vendredi matin, le vote venait de s'ouvrir. L'attaque a ralenti les connexions juste au moment où les gens commençaient à voter. Prolonger jusqu'à dimanche, c'est laisser plus de temps pour que les dynamiques changent, que les débats se poursuivent, que les indécis se décident différemment.
Mais on ne sait pas si l'attaque a vraiment affecté le résultat final. Plus de 107.000 personnes avaient voté samedi à 22 heures — c'est déjà une majorité des 140.000 inscrits. L'extension jusqu'à dimanche pourrait ne rien changer du tout.
Glucksmann parle de refondation de la gauche. Qu'est-ce que ça signifie concrètement ?
C'est une rupture avec La France insoumise. Glucksmann dit que Mélenchon joue avec les codes de l'antisémitisme, et il refuse les alliances répétées que le PS a acceptées en 2022 et 2024. Il veut une gauche social-démocrate, européenne, tournée vers le centre plutôt que vers les insoumis.
Mais Faure l'accuse de se rapprocher du centre, ce qui est une autre façon de dire qu'il abandonne la gauche. Et Glucksmann dit que Faure a l'esprit de défaite. Ce sont des accusations graves, mais elles viennent de candidats en compétition. On ne sait pas ce que les électeurs en pensent vraiment.
Pourquoi Ségolène Royal est-elle en deuxième position dans les sondages alors qu'elle n'a pas été candidate depuis 2007 ?
C'est une figure connue, respectée, avec une légitimité présidentielle. Elle représente peut-être une alternative à la fois à Glucksmann et à Faure — ni rupture radicale, ni macronisme perçu. Mais les sondages ne disent pas comment ces gens vont voter dans une primaire interne.
Exactement. Un sondage Harris Interactive sur les préférences des Français n'est pas un sondage d'intention de vote dans une primaire socialiste. Ce sont deux choses différentes. Et on ne sait pas qui sont vraiment ces 140.000 votants — beaucoup viennent d'une plateforme dédiée, pas des partis organisateurs.
Qu'est-ce qui se passe si Glucksmann gagne mais que Faure et Royal refusent de le soutenir ?
C'est le risque. Les dissensions sont profondes. Faure pense que Glucksmann va effacer le PS. Royal parle de hold-up. Si le rassemblement échoue, la gauche arrive fragmentée à la présidentielle de 2027.
Mais Mélenchon a dit qu'il attendrait que la primaire se termine pour voir comment ça se stabilise. Ça suggère que les insoumis pourraient aussi ne pas soutenir le candidat socialiste. Le vrai rassemblement de la gauche reste une question ouverte, peu importe qui gagne dimanche.
Le Pouls
- Une cyberattaque vendredi matin a perturbé le vote électronique, forçant le report jusqu'à dimanche 18 heures
- 140.000 votants inscrits choisissent parmi cinq candidats
- Glucksmann crédité de 10-12% contre 3-5% pour Olivier Faure
- Plus de 107.000 votes enregistrés samedi à 22 heures
- Primaire de 2012 avait rassemblé 2,6 à 2,8 millions de votants pour François Hollande
Une cyberattaque vendredi a perturbé le vote électronique, forçant les organisateurs à prolonger le scrutin jusqu'à dimanche, rendant le résultat plus incertain. Glucksmann (10-12% des intentions) affronte le patron du PS Olivier Faure (3-5%), Ségolène Royal et deux autres candidats pour 140.000 votants.
La primaire social-démocrate pour désigner le candidat à la présidentielle 2027 se prolonge jusqu'à dimanche 18h après une cyberattaque. Raphaël Glucksmann reste le favori pour l'emporter dès le premier tour.
Le scrutin qui doit désigner le candidat de la gauche social-démocrate pour l'élection présidentielle de 2027 s'étire jusqu'à dimanche 18 heures, repoussé d'une journée entière par une cyberattaque qui a frappé le système de vote électronique vendredi matin à l'ouverture des bureaux. Quelque 140.000 électeurs inscrits ont jusqu'à la fermeture des urnes dimanche soir pour choisir parmi cinq candidats, avec les résultats du premier tour attendus en début de soirée.
Raphaël Glucksmann arrive en favori pour remporter l'élection dès ce premier tour. L'eurodéputé de Place publique bénéficie d'un soutien massif au sein du Parti socialiste lui-même — notamment des chefs des deux groupes parlementaires à l'Assemblée nationale et au Sénat — et navigue entre 10 et 12% dans les sondages. Face à lui, Olivier Faure, le patron du PS, ne recueille que 3 à 5% des intentions de vote, comptant sur la loyauté partisane pour progresser. Ségolène Royal, l'ancienne candidate à la présidentielle de 2007, figure en deuxième position dans un sondage Harris Interactive publié vendredi, devançant Faure mais restant derrière Glucksmann. Les députés Jérôme Guedj et Emmanuel Maurel complètent le champ des candidats en tant qu'outsiders.
La cyberattaque qui a ralenti les connexions sur la plateforme de vote vendredi matin a forcé les organisateurs à prolonger le scrutin jusqu'à dimanche, laissant le résultat plus incertain que jamais. Patrick Mennucci, président de la commission d'organisation de la primaire, a qualifié l'attaque d'agression contre la démocratie française dépassant largement le cadre de cette seule primaire socialiste. Le vote a pu reprendre normalement vendredi soir, et samedi à 22 heures, plus de 107.000 personnes avaient déjà participé. Un second tour est prévu pour les 16 et 17 octobre si aucun candidat n'obtient la majorité dès dimanche.
Les divisions entre candidats tournent autour d'une question centrale : le rapprochement avec La France insoumise et son leader Jean-Luc Mélenchon. Glucksmann, très identifié à l'international et à l'Europe, voit dans cette primaire le début d'une refondation de la gauche impliquant une rupture nette avec les insoumis. Il a accusé Faure de vouloir se rapprocher de Mélenchon, comme le PS l'a déjà fait lors de la Nupes en 2022 et du Nouveau Front populaire en 2024. Glucksmann considère que Mélenchon joue avec les codes de l'antisémitisme, une charge grave qui a dominé les débats télévisés entre candidats.
Faure a riposté en accusant Glucksmann de vouloir se rapprocher du centre, ravivant l'accusation de macronisme qui poursuit l'eurodéputé depuis des années. Faure, qui avait lui-même désigné Glucksmann comme tête de liste du PS aux élections européennes en 2019 et 2024, estime désormais qu'une victoire de Glucksmann signifierait l'effacement du Parti socialiste dans la campagne présidentielle. Ségolène Royal a dénoncé un hold-up du leader de Place publique sur le PS. Glucksmann a rétorqué qu'il était le seul à véritablement croire en une victoire de la social-démocratie à la présidentielle, tandis que ses concurrents affichaient l'esprit de défaite.
Ces dissensions présagent un rassemblement difficile derrière le candidat vainqueur. Jean-Luc Mélenchon a déclaré samedi qu'il attendait que la primaire se termine, affirmant que le tableau se stabiliserait une fois le candidat socialiste désigné — avant d'ajouter ironiquement que ce ne serait pas tout à fait du côté des socialistes. L'enjeu du rassemblement de la gauche pour 2027 reste donc ouvert et fragile.
La participation à cette primaire, bien qu'elle ait dépassé les 90.000 inscrits escomptés par les organisateurs, reste loin des grandes heures du Parti socialiste. En 2012, la primaire qui avait conduit à la victoire de François Hollande avait rassemblé entre 2,6 et 2,8 millions de votants. En 2017, celle qui avait désigné Benoît Hamon en avait encore réuni entre 1,6 et 2 millions. Le corps électoral de cette primaire reste largement inconnu, avec une large part de votants qui ne sont pas issus des partis politiques organisateurs et se sont inscrits sur une plateforme dédiée.
Citations marquantes
Nous sommes manifestement face à une attaque contre la démocratie française, qui va bien au-delà de la primaire des socialistes— Patrick Mennucci, président de la commission d'organisation de la primaire
Une victoire de Glucksmann signifierait l'effacement du PS dans l'élection présidentielle— Olivier Faure, patron du Parti socialiste