Plus de 76 500 lycéens ont participé à la consultation gouvernementale lancée sur Agora, le gouvernement promettant des amendements au budget 2027. Le ministre de l'Éducation a annoncé l'affectation de 3 000 professeurs remplaçants dans les établissements en difficulté, révélant des failles du système éducatif.
Mobilisation lycéenne : blocages attendus lundi avant l'«acte V» mardi
Trois mille professeurs n'étaient pas devant les élèves
Pourquoi le concours de l'internat pose-t-il un problème si particulier ?
Parce que c'est un examen national. Si un seul centre est bloqué, tous les centres doivent annuler. Dix mille étudiants en médecine sont concernés, et cet examen détermine leur spécialité pour le reste de leur carrière.
Mais est-ce que les lycéens en mobilisation ont réellement menacé de bloquer les centres d'examen ? Ou c'est une crainte théorique ?
C'est une crainte. Les lycéens ne ciblent pas spécifiquement les centres d'examen. Mais si les blocages généraux se poursuivent lundi, le risque existe.
Et le gouvernement, qu'a-t-il fait concrètement pour répondre aux revendications ?
Il a lancé une plateforme de consultation en ligne. Soixante-seize mille cinq cents lycéens y ont participé. Le gouvernement promet des amendements au budget 2027.
Mais des amendements, c'est du futur. Les lycéens demandent des réponses immédiates sur les classes surpeuplées, les heures de cours non assurées. Qu'est-ce qui change lundi ?
Le ministre a annoncé l'affectation de trois mille professeurs remplaçants. C'est immédiat.
D'où venaient ces trois mille professeurs ?
Ils étaient déjà dans le système. Ils n'étaient pas « devant les élèves » jusqu'à présent. Le ministre les a réaffectés.
Ce qui soulève une question : si trois mille enseignants étaient disponibles, pourquoi ne l'étaient-ils pas avant la crise ? Ça révèle quelque chose de dysfonctionnel.
Et les incidents ? Il y a eu des blessés ?
Oui. Un jeune de quatorze ans a été gravement blessé au visage par une grenade lacrymogène à Saint-Ouen-l'Aumône. Le Défenseur des droits enquête.
Combien d'incidents au total ?
Vingt-huit saisines ont été déposées auprès du Défenseur des droits. Mais on ne sait pas si c'est vingt-huit incidents ou si certains incidents ont généré plusieurs saisines.
Que se passe-t-il mardi ?
Un « acte V » des manifestations. Le gouvernement espère que ce sera le point culminant et que la mobilisation décélère après.
Mais samedi, il y a une journée d'action pour le pouvoir d'achat. Ça pourrait relancer le mouvement.
Exactement. Le gouvernement craint une résurgence, comme aux Gilets jaunes.
Il Polso
- Plus de 76 500 lycéens ont participé à la consultation gouvernementale sur Agora
- 3 000 professeurs remplaçants réaffectés aux établissements en difficulté
- 10 000 étudiants en médecine commencent lundi le concours national de l'internat
- Un jeune de 14 ans gravement blessé au visage par grenade lacrymogène à Saint-Ouen-l'Aumône
- 28 saisines déposées auprès du Défenseur des droits depuis le début des mobilisations
Plus de 76 500 lycéens ont participé à la consultation gouvernementale lancée sur Agora, le gouvernement promettant des amendements au budget 2027. Le ministre de l'Éducation a annoncé l'affectation de 3 000 professeurs remplaçants dans les établissements en difficulté, révélant des failles du système éducatif.
Les lycéens poursuivent leur mobilisation avec de nouveaux blocages attendus lundi avant un « acte V » mardi. Le gouvernement espère une accalmie tandis que les étudiants en médecine s'inquiètent pour leurs examens d'internat.
Depuis la mi-septembre, les lycéens français maintiennent une mobilisation qui s'intensifie à l'approche d'une semaine décisive. Lundi, de nouveaux blocages sont attendus dans les établissements, suivis d'un « acte V » mardi qui pourrait déterminer l'avenir du mouvement. Le gouvernement, qui espère une accalmie, se trouve pris entre les revendications persistantes des jeunes et une série de crises parallèles — dont une qui menace directement plus de dix mille étudiants en médecine.
Le concours national de l'internat commence lundi. C'est un examen décisif pour ces étudiants, qui détermine leur spécialité médicale et leur carrière. Or, le système de notation est national : si un seul centre d'examen est perturbé par un blocage, l'ensemble du concours peut être annulé partout en France. Thibault Patey, président de l'Association nationale des étudiants en médecine, a averti que cette situation provoqurait « une grande détresse » chez les candidats. Paradoxalement, son association soutient les revendications des lycéens en mobilisation.
Ces revendications portent sur des enjeux concrets : classes surpeuplées, heures de cours non assurées, accès difficile à l'enseignement supérieur. Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, a adressé un avertissement au gouvernement dimanche sur France 2, déclarant que si le gouvernement ne révisait pas sa position budgétaire, la mobilisation s'installerait dans la durée. Elle a pointé du doigt Parcoursup, évoquant cent mille jeunes sans réponse aux demandes d'inscription. Le gouvernement, de son côté, a lancé une plateforme de consultation en ligne. Dimanche soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que plus de soixante-seize mille cinq cents lycéens avaient participé à cette consultation nationale sur Agora. Le gouvernement s'est engagé à déposer des amendements au projet de budget pour 2027 reprenant certaines propositions formulées sur la plateforme.
Mais les gestes du gouvernement suscitent des questions. Jeudi soir, le ministre de l'Éducation Édouard Geffray a annoncé l'affectation de « plusieurs milliers » de professeurs remplaçants dans les établissements les plus en difficulté. Il a précisé qu'il s'agissait de trois mille professeurs — les « TZR » (titulaires sur zone de remplacement) — qui n'étaient pas « devant les élèves » jusqu'à présent. Cette révélation a interloqué parents et communauté éducative. Comment le ministère pouvait-il soudainement trouver trois mille enseignants alors que, selon le syndicat des proviseurs SNPDEN-Unsa, au moins un professeur manquait à l'appel dans soixante-cinq pour cent des collèges et lycées à la rentrée de septembre ? Le ministre n'a pas créé ce vivier ; il l'a simplement réaffecté aux nécessités de la crise, exposant au grand jour les failles du système éducatif.
Les incidents lors des mobilisations ont également attiré l'attention des autorités. Le Défenseur des droits, autorité administrative indépendante chargée de veiller au respect de la déontologie par les forces de l'ordre, a reçu vingt-huit saisines individuelles depuis le début du mouvement. L'une d'elles concerne un incident particulièrement grave : à Saint-Ouen-l'Aumône, en Val-d'Oise, un jeune de quatorze ans a été gravement blessé au visage par un tir de grenade lacrymogène. Le Défenseur des droits, incarné depuis juillet par l'ex-ministre François-Noël Buffet, s'est autosaisi de cette affaire le 1er octobre. Bien que cette autorité n'ait pas de pouvoir de contrainte, elle a indiqué qu'elle serait « particulièrement vigilante au respect et à la bonne application des règles de déontologie » par les forces de l'ordre.
Vendredi, le gouvernement communiquait sur une « nette décélération » des blocages. Selon le ministère de l'Éducation, plus de quatre-vingt-seize pour cent des lycées étaient ouverts vendredi matin — cent quarante et un établissements fermés sur sept cents, contre cent cinquante-sept la veille. Mais cette accalmie relative pourrait être de courte durée. L'exécutif redoute une nouvelle montée en puissance, d'autant que samedi 17 octobre est prévue une journée d'action lancée sur les réseaux sociaux pour le pouvoir d'achat, ravivant le souvenir des Gilets jaunes. Le mouvement lycéen, qui a débuté le 17 septembre et a été émaillé de nombreuses violences, entre dans une phase critique. Mardi apportera des réponses sur sa trajectoire.
Citazioni salienti
Si c'est ça votre réponse à la mobilisation, elle va durer longtemps— Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, s'adressant au gouvernement
Un blocage de ces examens n'aurait d'impact que sur les étudiants et provoquerait une grande détresse— Thibault Patey, président de l'Association nationale des étudiants en médecine