Le ministre Édouard Geffray déploie 3 000 professeurs remplaçants dans 500+ lycées en situation critique et autorise le recrutement supplémentaire de centaines d'enseignants. La manifestation du 8 octobre a rassemblé 71 500 personnes en France dont 24 500 à Paris, avec 504 interpellations et incidents violents en marge des mobilisations.
Mobilisation lycéenne : 3 000 professeurs remplaçants annoncés, appel à manifester le 13 octobre
Tant qu'on n'aura pas 10 milliards, on continuera à se mobiliser
Pourquoi le ministre annonce-t-il précisément 3 000 remplaçants ? D'où viennent-ils ?
Geffray dit qu'ils sont déjà dans le système — des professeurs remplaçants qui ne sont pas actuellement affectés à des classes. C'est la première fois qu'il utilise un logiciel développé un an plus tôt pour identifier les établissements en crise, ce qui lui permet de les redéployer rapidement.
Mais on ne sait pas si ces 3 000 remplaçants suffiront vraiment. Le ministre classe 114 lycées en « rouge » et 400 en « orange » — c'est plus de 500 établissements. Même répartis, ça fait moins d'une personne par lycée en moyenne.
Les manifestations perdent en nombre — 71 500 contre 266 000 à 450 000 la semaine précédente. Est-ce que le mouvement s'essouffle ?
Les chiffres baissent, c'est vrai. Mais les incidents violents augmentent. À Paris, il y a eu des affrontements à la Bastille, des blessés parmi les policiers, et des violences dans les établissements eux-mêmes — un proviseur-adjoint roué de coups.
C'est important de noter que les violences et les manifestations pacifiques sont deux choses différentes. Le ministère de l'Intérieur les mélange un peu dans son discours, en parlant d'« incidents graves en marge des mobilisations ». Ça laisse entendre que c'est marginal, mais on ne sait pas vraiment quelle proportion des 71 500 manifestants était impliquée dans les violences.
Qu'est-ce que les lycéens demandent vraiment ?
Trois choses principales : de meilleures conditions d'apprentissage, une rénovation des bâtiments, et la suppression de Parcoursup. L'intersyndicale étudiante réclame aussi 10 milliards d'euros pour l'éducation.
Mais on ne sait pas si les 10 milliards, c'est une demande unifiée de tous les groupes lycéens ou juste de l'Union étudiante. Et les « meilleures conditions » — c'est vague. Les slogans qu'on voit, comme « 35°C dans les classes », suggèrent que c'est aussi une question de climatisation et de confort physique.
Le gouvernement semble faire des gestes — amendements budgétaires, plateforme de concertation. Est-ce que c'est suffisant ?
Geffray dit que ça représente « plusieurs dizaines de millions d'euros ». Mais l'intersyndicale a dit clairement : « Tant qu'on n'aura pas 10 milliards, on continuera à se mobiliser. » Ils ont appelé à manifester à nouveau le 13 octobre.
Les trois principales associations lycéennes sont sorties « mitigées » de leur rencontre avec le ministre. Ça veut dire quoi exactement ? On n'a pas de détail sur ce qui les a satisfaits ou déçus. Et « plusieurs dizaines de millions » pour une année, c'est combien précisément ? Le chiffre reste flou.
Il Polso
- 3 000 professeurs remplaçants déployés dans 500+ lycées en situation critique
- 71 500 manifestants le 8 octobre en France, dont 24 500 à Paris
- 504 interpellations et 48 policiers blessés lors de la journée de mobilisation
- Un proviseur-adjoint du lycée Victor Hugo a souffert d'une incapacité temporaire de travail de 9 jours après avoir été agressé
- Mobilisation lancée le 17 septembre pour réclamer meilleures conditions d'apprentissage, rénovation du bâti et suppression de Parcoursup
Le ministre Édouard Geffray déploie 3 000 professeurs remplaçants dans 500+ lycées en situation critique et autorise le recrutement supplémentaire de centaines d'enseignants. La manifestation du 8 octobre a rassemblé 71 500 personnes en France dont 24 500 à Paris, avec 504 interpellations et incidents violents en marge des mobilisations.
Après une manifestation de 71 500 lycéens en France, le ministre de l'Éducation annonce le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants et des amendements budgétaires, tandis qu'un nouvel appel à manifester est lancé pour le 13 octobre.
Le jeudi 8 octobre, alors que 71 500 lycéens et étudiants descendaient dans les rues de France — dont 24 500 rien qu'à Paris — le ministre de l'Éducation Édouard Geffray annonçait une première réponse concrète à la crise qui secoue les établissements scolaires depuis le 17 septembre. Trois mille professeurs remplaçants, actuellement sans affectation, se déploieraient dans les prochaines heures vers plus de 500 lycées jugés en situation critique. C'était la première utilisation d'un logiciel développé un an plus tôt, capable d'identifier les établissements les plus fragilisés : 114 lycées classés « rouges » et 400 autres « oranges » selon la terminologie du ministre.
Geffray détailla son plan lors du journal de TF1. Au-delà des 3 000 remplaçants, il autoriserait les recteurs à recruter plusieurs centaines de professeurs supplémentaires, dépassant les seuils habituels. Le gouvernement mettrait également à disposition « plusieurs centaines de milliers d'heures supplémentaires » — ce que l'administration appelle le « pacte enseignant » — que les proviseurs pourraient mobiliser pour des remplacements de courte durée au sein de leurs établissements, en faisant appel à des enseignants volontaires. L'ensemble de ces mesures représenterait « plusieurs dizaines de millions d'euros » pour l'année en cours. Sébastien Lecornu, ministre de l'Intérieur, annonça que le gouvernement déposerait des amendements au projet de loi de finances pour 2027 afin de traduire certaines propositions lycéennes en actions budgétaires concrètes, notamment sur la question des remplacements.
Mais les chiffres de la rue racontaient une histoire plus complexe. Les 71 500 manifestants du 8 octobre représentaient une baisse sensible par rapport à la mobilisation de mardi précédent, où entre 266 000 et 450 000 personnes s'étaient rassemblées. À Lille, Rennes et Bordeaux, les préfectures comptabilisaient respectivement 3 200, 3 400 et 2 800 manifestants. Marseille en enregistrait environ 3 900, avec quelques centaines supplémentaires dans des rassemblements non déclarés. Le mouvement perdait en ampleur, mais pas en intensité.
Les incidents violents en marge des manifestations préoccupaient davantage le gouvernement que les chiffres de participation. Le ministère de l'Intérieur relevait une « augmentation des violences urbaines » et des « incidents graves » ayant « particulièrement touché le corps enseignant et leurs établissements ». À Paris, plusieurs dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées place de la Bastille, où des slogans comme « Plus de masters, moins de poulets » et « 35°C dans les classes, mais le problème c'est le portable » circulaient parmi les jeunes. Une grande banderole « GenZ en colère » avait été brandie depuis la colonne de Juillet. Vers 19 h 20, les forces de l'ordre avaient évacué la place au gaz lacrymogène. En fin de rassemblement, des incidents avaient éclaté : jets de pavés et de mortiers contre les policiers, qui avaient répliqué au canon à eau. La préfecture de police estimait qu'une vingtaine de « black blocs » avaient jeté du mobilier urbain sur les forces de l'ordre.
Le bilan officiel de la journée : 504 interpellations et 48 policiers et gendarmes blessés. Mais les violences s'étaient étendues bien au-delà de Paris. Le proviseur-adjoint du lycée Victor Hugo avait été « roué de coups à terre » par plusieurs individus devant son établissement alors qu'il tentait d'éteindre un feu dans une benne à ordures. Il avait porté plainte et souffrait d'une incapacité temporaire de travail de neuf jours. Un lycée proche de Bordeaux avait été partiellement « saccagé ». Des intrusions violentes avaient eu lieu à Lormont en Gironde et à Lorient, avec des exactions commises dans les établissements eux-mêmes. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez avait réuni jeudi soir les préfets de zone, les directeurs généraux de la Police et de la Gendarmerie nationales et le préfet de police pour faire le point sur la situation.
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon avait résumé la position officielle sur BFM-TV : « Notre priorité face à cette situation, c'est évidemment le retour à l'ordre, le retour au calme, le retour au dialogue, et in fine, pour les étudiants, le retour en cours. » Mais l'intersyndicale étudiante et professionnelle n'était pas satisfaite. Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante, avait affirmé : « Tant qu'on n'aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser. » Un nouvel appel à manifester avait été lancé pour le mardi 13 octobre. Les trois principales associations lycéennes avaient été reçues l'après-midi même par Geffray et Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, mais elles en étaient sorties mitigées. Le gouvernement avait également mis en ligne une plateforme de concertation permettant aux lycéens de formuler leurs demandes et inquiétudes, dont les contributions pourraient alimenter le débat budgétaire. Depuis le 17 septembre, les lycéens réclamaient de meilleures conditions d'apprentissage, une rénovation du bâti scolaire et la suppression de la sélection par Parcoursup.
Citazioni salienti
Grâce à un logiciel que j'ai demandé il y a un an, on a pu identifier les établissements qui sont dans des situations très problématiques. Il y a 114 lycées rouges et 400 oranges.— Édouard Geffray, ministre de l'Éducation, au journal de TF1
Tant qu'on n'aura pas 10 milliards sur la table, on continuera à se mobiliser.— Sabrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante