Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, où se joue l'avenir budgétaire de la France, Laurent Marcangeli porte une conviction ancienne : la rigueur ne doit pas se confondre avec la punition fiscale. Le chef du groupe Horizons propose d'effacer dix milliards d'euros de hausses d'impôts en leur substituant des économies structurelles, notamment par le rétablissement de la réforme des retraites de 2023 et la réduction progressive des effectifs de la fonction publique. Cette contre-proposition, formulée alors que les débats budgétaires s'ouvrent à l'Assemblée, rappelle que la question de savoir
Marcangeli propose d'annuler 10 milliards de hausses d'impôts et de relancer la réforme des retraites
Annuler 10 milliards de hausses d'impôts, contre des économies du même montant
Pourquoi Marcangeli insiste-t-il tellement sur l'annulation des 10 milliards plutôt que d'accepter l'effort budgétaire global ?
Parce que pour Horizons, la fiscalité est le point de rupture. Ils partagent l'objectif de réduire le déficit, mais ils pensent que passer par les impôts crée une charge économique supplémentaire qui ralentit la croissance.
Mais attendez — il propose de rétablir la réforme des retraites et de réduire les embauches publiques. Ce sont aussi des mesures impopulaires. Pourquoi celles-ci seraient-elles meilleures que des hausses d'impôts ?
C'est une question de philosophie politique. Pour Horizons, les économies structurelles — réformer les systèmes, ajuster les effectifs — sont moins nuisibles à long terme que d'augmenter les prélèvements.
Et la réforme des retraites de 2023 ? Elle a été suspendue précisément parce qu'elle était impopulaire. Marcangeli croit vraiment qu'il peut la relancer maintenant ?
C'est le vrai pari. Il n'y a aucune indication que le contexte politique a changé. Il propose quelque chose que le gouvernement lui-même a dû abandonner.
Oui, mais Marcangeli parle d'une négociation budgétaire. Il dit : si vous voulez notre soutien, il faut accepter ces conditions. C'est une monnaie d'échange.
Et les critiques contre le RN et les Insoumis ? Elles servent à quoi ?
À se positionner au centre. Marcangeli dit : nous ne sommes ni les populistes du RN ni les radicaux de gauche. Nous avons une solution sérieuse.
C'est aussi une façon de dire au gouvernement : vous avez besoin de nous. Sans Horizons, vous n'avez pas de majorité.
Donc tout cela repose sur le poids politique d'Horizons à l'Assemblée ?
Exactement. Et c'est ce qu'on ne sait pas encore : est-ce que ce groupe a vraiment le poids pour imposer ses conditions, ou est-ce une posture ?
Il Polso
- Le gouvernement réclame 54 milliards d'euros d'effort budgétaire, dont une part significative repose sur des hausses d'impôts que le groupe Horizons refuse catégoriquement.
- Marcangeli brandit la menace d'un vote négatif sur le budget si des modifications substantielles ne sont pas apportées, faisant peser une pression réelle sur l'exécutif.
- La réforme des retraites de 2023, déjà source de tensions sociales profondes lors de son adoption, est remise sur la table comme levier d'économies structurelles.
- Horizons se distingue des autres oppositions en ciblant simultanément le RN, accusé d'« arnaque », et les Insoumis, accusés de « matraquage fiscal », cherchant à occuper seul le terrain de la rigueur sans impôts.
- Les débats budgétaires à l'Assemblée s'annoncent comme un champ de bataille où plusieurs visions irréconciliables de l'assainissement des finances publiques s'affrontent.
Dans les couloirs de l'Assemblée nationale, où se joue l'avenir budgétaire de la France, Laurent Marcangeli porte une conviction ancienne : la rigueur ne doit pas se confondre avec la punition fiscale. Le chef du groupe Horizons propose d'effacer dix milliards d'euros de hausses d'impôts en leur substituant des économies structurelles, notamment par le rétablissement de la réforme des retraites de 2023 et la réduction progressive des effectifs de la fonction publique. Cette contre-proposition, formulée alors que les débats budgétaires s'ouvrent à l'Assemblée, rappelle que la question de savoir qui doit porter l'effort de redressement national reste, en démocratie, profondément disputée.
Laurent Marcangeli, chef du groupe parlementaire Horizons, a présenté une contre-proposition au budget gouvernemental pour 2027, au moment même où l'Assemblée nationale entame l'examen des projets de lois de finances. Face à un exécutif qui sollicite 54 milliards d'euros d'effort budgétaire — dont 43 milliards issus de nouvelles mesures — il refuse la voie de la hausse des prélèvements et propose d'annuler les dix milliards d'euros de hausses d'impôts prévues, à condition de les compenser par des économies équivalentes.
Ancien ministre de la Fonction publique et soutien déclaré d'Édouard Philippe pour la présidentielle, Marcangeli partage l'objectif de ramener le déficit à 5 % du PIB en 2027, mais conteste la méthode. Pour lui, la maîtrise des dépenses doit primer sur l'alourdissement fiscal. Il propose à cet effet de rétablir la réforme des retraites de 2023, suspendue l'année précédente, et de ne pas remplacer un fonctionnaire sur trois — une réduction progressive de la masse salariale de l'État sans recourir à des licenciements massifs.
Dans un entretien au Figaro, il n'épargne pas ses adversaires politiques, dénonçant tour à tour « l'arnaque du Rassemblement national » et « le matraquage fiscal des Insoumis ». Ces formules révèlent la volonté d'Horizons de s'imposer comme la seule force défendant une rigueur budgétaire sans hausse d'impôts. Marcangeli laisse entendre que son groupe ne votera pas le budget en l'état, ouvrant une incertitude sur l'issue des débats : le gouvernement acceptera-t-il de négocier, ou les fractures actuelles se durciront-elles jusqu'au vote ?
Laurent Marcangeli, chef du groupe parlementaire Horizons à l'Assemblée nationale, a présenté au Figaro une contre-proposition au budget gouvernemental pour 2027. Alors que l'exécutif demande un effort budgétaire de 54 milliards d'euros — dont 43 milliards provenant de nouvelles mesures — Marcangeli refuse le chemin emprunté. Il propose d'annuler les 10 milliards d'euros de hausses d'impôts prévues, à condition de trouver des économies équivalentes ailleurs.
Cet ancien ministre de la Fonction publique et soutien d'Édouard Philippe pour l'élection présidentielle partage le diagnostic : ramener le déficit public à 5% du produit intérieur brut en 2027 est un minimum pour redresser la trajectoire française. Mais il conteste la méthode. Augmenter la fiscalité n'est pas, selon lui, la bonne réponse à cette urgence budgétaire. Le groupe Horizons cherche à démontrer qu'il existe une autre voie, fondée sur la maîtrise des dépenses plutôt que sur l'alourdissement des prélèvements.
Pour financer cet objectif, Marcangeli propose de rétablir la réforme des retraites de 2023, suspendue l'année précédente. Cette mesure, controversée lors de son adoption initiale, constituerait selon lui une source d'économies structurelles. Il suggère également de ne pas remplacer un fonctionnaire sur trois, ce qui représenterait une réduction progressive de la masse salariale de l'État sans licenciements massifs immédiats.
Dans son entretien, Marcangeli critique vivement les positions des autres forces politiques. Il dénonce ce qu'il appelle « l'arnaque du Rassemblement national » et « le matraquage fiscal des Insoumis ». Ces formules tranchantes reflètent un désaccord profond sur la façon d'aborder la crise budgétaire. Tandis que le gouvernement cherche à augmenter les recettes, et que d'autres groupes proposent des approches radicalement différentes, Horizons se positionne comme le défenseur d'une rigueur budgétaire sans hausse d'impôts.
Cette proposition intervient au moment où les projets de budgets de l'État et de la Sécurité sociale sont en cours d'examen à l'Assemblée nationale. Les débats budgétaires s'annoncent donc tendus, avec plusieurs visions concurrentes de la façon de réduire le déficit. Marcangeli laisse entendre que son groupe ne votera pas le budget en l'état, à moins que des modifications substantielles ne soient apportées. La question reste ouverte : le gouvernement et les autres groupes parlementaires accepteront-ils de négocier sur ces termes, ou les débats se cristalliseront-ils autour des lignes de fracture actuelles ?
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Ramener le déficit public à 5% du produit intérieur brut en 2027 est un strict minimum pour engager la France dans une trajectoire favorable— Laurent Marcangeli