Depuis trois semaines, une nouvelle génération de lycéens et d'étudiants français descend dans les rues en invoquant l'héritage de mai 68, contestant Parcoursup, la pénurie d'enseignants et la vétusté des établissements. Cette mobilisation, saluée par Jean-Luc Mélenchon comme la plus grande depuis 1968, soulève une question que seuls les témoins de l'époque peuvent véritablement peser : une génération peut-elle hériter d'un mythe, ou doit-elle forger le sien ? Le Figaro a recueilli les voix de ces anciens militants pour mesurer, avec lucidité, la distance entre deux colères séparées par soixan
Mai 68 revisité : comment les anciens activistes jugent les blocages lycéens actuels
Septembre 2026 is the new mai 68
Pourquoi ces jeunes se comparent-ils à mai 68 plutôt qu'à d'autres mouvements de protestation ?
Mai 68 est devenu un mythe fondateur de la contestation en France. C'est le moment où la jeunesse a vraiment changé les choses, ou du moins où elle l'a cru. Pour les jeunes d'aujourd'hui, c'est une référence de légitimité, une façon de dire : nous aussi, nous comptons.
Mais on ne sait pas vraiment si cette comparaison vient des jeunes eux-mêmes ou si elle est amplifiée par les politiques. Mélenchon l'a lancée, et ensuite elle s'est propagée. C'est un peu circulaire.
Les anciens militants pensent-ils que c'est justifié ?
C'est justement ce que le Figaro cherche à savoir. Certains restent militants, d'autres ont changé d'avis. Leurs réponses vont probablement être très différentes selon leur trajectoire personnelle.
Le problème, c'est qu'on n'a pas encore les réponses précises. L'article dit que plusieurs militants se confient, mais on ne connaît pas le contenu de ces confessions. C'est une promesse de reportage, pas encore le reportage lui-même.
Qu'est-ce qui distingue vraiment les deux mouvements ?
Les enjeux sont différents. En 68, c'était la guerre d'Algérie, l'autoritarisme, la société de consommation. Aujourd'hui, c'est Parcoursup, les conditions matérielles des écoles, le climat. Les formes de protestation aussi : les réseaux sociaux, la viralité des pancartes.
Mais on ne sait pas si la mobilisation est vraiment comparable en ampleur. Trois semaines de blocages, c'est significatif, mais est-ce que c'est du même ordre que mai 68 ? Mélenchon dit que c'est le plus grand depuis 1968, mais sur quels critères ? Nombre de participants ? Durée ? Impact politique ?
Les anciens militants qui sont passés à droite, comment expliquent-ils leur évolution ?
Ils disent que c'est « dans la logique des choses ». C'est une formule intéressante, presque fataliste. Comme si le passage à l'âge adulte, l'expérience, imposait naturellement un virage conservateur.
C'est une affirmation, pas une explication. Pourquoi ce serait dans la logique des choses ? Est-ce qu'ils ont changé d'avis sur les principes, ou est-ce qu'ils ont juste accepté le statu quo ? L'article ne le dit pas.
Il Polso
- Les pancartes brandissant « Septembre 2026 is the new mai 68 » signalent une ambition explicite : non pas s'inspirer du passé, mais le surpasser.
- Les griefs sont concrets et multiples — Parcoursup, manque de professeurs, bâtiments dégradés, violences policières, climat, racisme — une colère diffuse qui cherche une forme unitaire.
- Mélenchon a soufflé sur les braises en qualifiant ce mouvement de « plus grand depuis 1968 », une formule aussitôt reprise comme étendard par les manifestants eux-mêmes.
- Les anciens militants de 68, eux, observent avec un mélange de reconnaissance et de réserve, certains restés à gauche, d'autres ayant bifurqué vers la droite au fil des décennies.
- La vraie tension n'est pas dans les rues mais dans la comparaison elle-même : cette génération peut-elle transformer une référence rhétorique en force historique réelle ?
Depuis trois semaines, une nouvelle génération de lycéens et d'étudiants français descend dans les rues en invoquant l'héritage de mai 68, contestant Parcoursup, la pénurie d'enseignants et la vétusté des établissements. Cette mobilisation, saluée par Jean-Luc Mélenchon comme la plus grande depuis 1968, soulève une question que seuls les témoins de l'époque peuvent véritablement peser : une génération peut-elle hériter d'un mythe, ou doit-elle forger le sien ? Le Figaro a recueilli les voix de ces anciens militants pour mesurer, avec lucidité, la distance entre deux colères séparées par soixante ans.
Depuis près de trois semaines, les villes françaises résonnent de slogans qui convoquent un passé mythique. Les jeunes manifestants brandissent des pancartes comme « Septembre 2026 is the new mai 68 » ou « merci Papi pour mai 68, on prend la relève », affichant une ambition claire : s'inscrire dans la lignée, voire dépasser, le mouvement qui a ébranlé la France il y a soixante ans.
Leurs griefs sont concrets : Parcoursup concentre les frustrations, la pénurie d'enseignants et la vétusté des établissements alimentent la colère, tandis que des causes plus larges — réchauffement climatique, racisme, violences policières — donnent à la mobilisation une ampleur multiforme. Jean-Luc Mélenchon a renforcé cette dynamique en qualifiant le mouvement de « plus grand depuis 1968 », une formule qui a rapidement circulé parmi les manifestants comme une validation historique.
Mais les véritables témoins de mai 68 portent un regard plus nuancé. Le Figaro a recueilli leurs témoignages : certains sont restés fidèles à l'engagement de leur jeunesse, d'autres ont glissé vers la droite, invoquant une sorte de fatalité du temps. Ensemble, ces voix dessinent un contrepoint précieux à la rhétorique de la continuité.
Car la question demeure vertigineuse : deux générations séparées par six décennies partagent-elles vraiment les mêmes ressorts de mobilisation ? Ou cette nouvelle vague invoque-t-elle un mythe qu'elle ne peut, par définition, qu'approcher sans jamais l'égaler ?
Depuis près de trois semaines, les rues des villes françaises résonnent de slogans qui font écho à un passé lointain. Les jeunes manifestants brandissent des pancartes où l'on peut lire « Septembre 2026 is the new mai 68 » ou « merci Papi pour mai 68, on prend la relève en 2026 ». Ces références explicites à la contestation sociale qui a secoué la France il y a soixante ans ne sont pas anodines : elles reflètent une ambition affichée de reproduire, voire de surpasser, le mouvement emblématique de 1968.
Les griefs des jeunes protestataires sont multiples et concrets. Ils dénoncent Parcoursup, le système d'accès à l'enseignement supérieur qui concentre depuis des années les frustrations étudiantes. Ils pointent du doigt la pénurie chronique d'enseignants dans les établissements, la vétusté des bâtiments scolaires, les violences policières lors des manifestations. À cela s'ajoutent des préoccupations plus larges : le réchauffement climatique, le racisme, autant de causes qui structurent la mobilisation actuelle. Les pancartes rivalisent de calembours pour exprimer cette colère multiforme, transformant la protestation en spectacle de rue où l'humour côtoie l'indignation.
Cette filiation avec mai 68 a trouvé un relais politique de poids. Jean-Luc Mélenchon s'est extasié lundi devant ce qu'il qualifie de « plus grand mouvement de jeunesse lycéenne et étudiante depuis 1968 ». Cette affirmation, prononcée par une figure de la gauche française, a aussitôt circulé parmi les représentants de la mobilisation, renforçant l'idée que cette génération « Six Seven » pourrait bien accomplir ce que les jeunes de 1968 ont commencé.
Mais qu'en pensent véritablement ceux qui ont vécu mai 68 de l'intérieur ? Ceux qui ont occupé les rues, qui ont participé à la construction de ce mouvement mythique ? Le Figaro a recueilli les témoignages de plusieurs anciens militants, des figures qui ont traversé les décennies en restant fidèles à leurs convictions ou qui, au contraire, ont emprunté d'autres chemins. Certains sont demeurés résolument engagés dans la lutte sociale. D'autres ont basculé vers la droite, justifiant ce virage par une sorte de fatalité historique : « c'est dans la logique des choses », disent-ils, comme si le passage du temps imposait une conversion idéologique inévitable.
Ces voix du passé offrent un contrepoint essentiel à la rhétorique de la continuité que brandissent les jeunes d'aujourd'hui. Elles permettent de mesurer la distance réelle entre deux moments de protestation séparés par six décennies, entre deux générations qui ne partagent ni les mêmes enjeux ni, peut-être, la même capacité de mobilisation. La question qui sous-tend ces témoignages est simple mais vertigineuse : cette nouvelle vague peut-elle vraiment égaler ou dépasser le mouvement de 1968, ou s'agit-il d'une invocation rhétorique d'un passé qui reste, malgré tout, inégalé ?
Citazioni salienti
Septembre 2026 is the new mai 68— Pancartes brandies lors des manifestations lycéennes
Le plus grand mouvement de jeunesse lycéenne et étudiante depuis 1968— Jean-Luc Mélenchon