À Vilnius, en octobre 2026, une conférence européenne sur la désinformation s'est ouverte sous le signe d'une étrange censure : des autocollants blancs masquaient les logos de ses propres sponsors. Derrière ce geste discret se dessine une tension plus profonde — celle d'une Amérique qui, sous l'administration Trump, aurait exercé des pressions diplomatiques pour empêcher que sa propre politique étrangère soit examinée à travers le prisme qu'elle applique volontiers aux autres. L'événement révèle combien la lutte contre la désinformation est elle-même devenue un terrain d'influence et de pouvoi
Les États-Unis auraient fait pression pour que l'UE se retire d'une conférence sur la désinformation
Des autocollants blancs recouvraient les logos des sponsors pendant la nuit
Pourquoi les États-Unis se soucieraient-ils d'une conférence européenne sur la désinformation ?
Parce qu'un panel allait décrire les États-Unis eux-mêmes comme une menace informationnelle étrangère. C'était une critique directe de la politique étrangère américaine sous Trump.
Mais attendez — le SEAE dément que Washington ait exercé une pression. Comment savons-nous vraiment ce qui s'est passé ?
Le Guardian et Reuters rapportent que le département d'État a contacté les gouvernements sponsors. C'est une source solide, mais tu as raison : le SEAE ne l'a pas confirmé directement.
Et les autocollants blancs ? C'était une décision de qui ?
EU Disinfo Lab, l'organisatrice, refuse de commenter. Mais les gouvernements qui ont retiré leur soutien ont tous dit que le contenu du programme ne correspondait pas à leurs positions officielles.
Donc on a des retraits confirmés, mais pas de confirmation directe d'une pression américaine. On a des reportages de presse qui le disent, mais pas de déclaration officielle du département d'État.
Et ce journaliste, Shellenberger ? Était-il impliqué dans la pression ?
Aucun lien direct ne peut être établi. Mais il a envoyé des courriels étranges aux intervenants et a publié des critiques acerbes après la conférence.
Donc c'est une convergence de faits, pas une conspiration prouvée. Les États-Unis ont peut-être exercé une pression, les gouvernements ont retiré leur soutien, et un journaliste aligné avec Trump a critiqué la conférence — mais rien n'est directement lié.
Quel est le vrai problème ici ?
Que les États-Unis — ou du moins certains acteurs américains — semblent vouloir empêcher une discussion critique sur leur rôle dans la manipulation informationnelle.
O Pulso
- Des autocollants blancs collés dans la nuit sur les affiches de Disinfo 2026 signalent, dès l'ouverture, qu'une intervention extérieure a eu lieu avant même le premier panel.
- Le département d'État américain aurait contacté les gouvernements sponsors pour qu'ils se retirent, en réaction à un panel décrivant les États-Unis comme une menace informationnelle sous Trump.
- Le SEAE, la Lituanie et le Canada ont effacé leurs logos sans mentionner explicitement Washington, laissant planer une ambiguïté diplomatique soigneusement entretenue.
- Des courriels du journaliste pro-Trump Michael Shellenberger ont ciblé les intervenants avec des questions jugées 'complètement lunaires', suggérant une campagne coordonnée de discrédit.
- Les organisateurs de Disinfo 2027 ont répondu à ces pressions avec un humour résigné : le lieu de la prochaine conférence est lui aussi recouvert… d'un autocollant blanc.
À Vilnius, en octobre 2026, une conférence européenne sur la désinformation s'est ouverte sous le signe d'une étrange censure : des autocollants blancs masquaient les logos de ses propres sponsors. Derrière ce geste discret se dessine une tension plus profonde — celle d'une Amérique qui, sous l'administration Trump, aurait exercé des pressions diplomatiques pour empêcher que sa propre politique étrangère soit examinée à travers le prisme qu'elle applique volontiers aux autres. L'événement révèle combien la lutte contre la désinformation est elle-même devenue un terrain d'influence et de pouvoir, où les gardiens d'hier peuvent devenir les suspects d'aujourd'hui.
Le mercredi 7 octobre, les participants à Disinfo 2026 ont découvert à leur arrivée à Vilnius que des autocollants blancs recouvraient les logos des sponsors sur toutes les affiches et tous les tracts de la conférence. Sous ces étiquettes se cachaient les emblèmes du ministère lituanien des Affaires étrangères, du gouvernement canadien et du Service européen pour l'action extérieure. Seul le logo français demeurait visible.
Ce n'était pas un accident. Selon plusieurs sources diplomatiques et des reportages du Guardian et de Reuters, le département d'État américain aurait contacté ces gouvernements pour qu'ils se distancient de l'événement. En cause : un panel intitulé « Les États-Unis comme menace de manipulation de l'information et d'ingérence étrangère », réunissant des chercheurs et une ancienne directrice des opérations de la CIA pour analyser l'évolution de la politique étrangère américaine sous le second mandat de Donald Trump.
Le SEAE a confirmé son retrait en expliquant que certains débats ne correspondaient pas aux positions officielles de l'Union européenne, tout en démentant toute pression directe de Washington. La Lituanie et le Canada ont invoqué les mêmes motifs, sans jamais mentionner explicitement une intervention américaine.
Parallèlement, les intervenants ont reçu des courriels du journaliste Michael Shellenberger, proche de l'administration Trump, leur posant des questions sur le financement de leurs travaux et sur leur vision des États-Unis comme menace informationnelle. Lou Osborne, dont les recherches portent sur la guerre informationnelle russe en Afrique, a qualifié ces sollicitations de « complètement lunaires ». Le 8 octobre, Shellenberger a publié sur X une série de messages accusant l'Europe de vouloir censurer les Américains sur les réseaux sociaux.
Face à ces turbulences, EU Disinfo Lab a refusé de commenter. Quant aux organisateurs de Disinfo 2027, ils ont choisi de ne pas révéler le lieu de la prochaine édition — et ont marqué cette décision en collant, eux aussi, un autocollant blanc sur l'annonce.
Les participants à Disinfo 2026, la conférence annuelle européenne réunissant les spécialistes de la lutte contre la désinformation, ont découvert mercredi 7 octobre à Vilnius que quelque chose d'inhabituel s'était produit pendant la nuit. Des autocollants blancs recouvraient les logos des sponsors sur les affiches de l'événement. La même censure avait été appliquée aux centaines de tracts distribués aux participants. Sous ces étiquettes blanches se trouvaient les logos du ministère lituanien des Affaires étrangères, du gouvernement canadien et du Service européen pour l'action extérieure — le bras diplomatique de l'Union européenne. Seul le logo du ministère français restait visible.
Ce geste de dernière minute n'était pas un accident. Selon plusieurs sources diplomatiques et les reportages du Guardian et de Reuters, le département d'État américain avait contacté ces gouvernements pour qu'ils se distancient de la conférence. La raison invoquée : un panel intitulé « Les États-Unis comme menace de manipulation de l'information et d'ingérence étrangère » qui devait se tenir le même jour. Cette session réunissait des chercheurs américains et une ancienne directrice des opérations de la CIA pour discuter de la manière dont la politique étrangère américaine avait évolué sous le deuxième mandat de Donald Trump — passant, selon l'un des intervenants, d'un rôle de « soutien de la démocratie » à celui d'acteur de manipulation informationnelle et d'ingérence étrangère.
Le Service européen pour l'action extérieure a confirmé le retrait de son logo dans un courriel à RFI, expliquant que certains débats de la conférence ne correspondaient pas aux positions officielles défendues par l'Union européenne. Cependant, un porte-parole du SEAE a par la suite démenti que Washington aurait exercé une pression directe sur cette décision. La Lituanie et le Canada ont justifié leur retrait en invoquant les mêmes raisons — un désaccord avec le contenu du programme. Aucun d'eux n'a mentionné explicitement une intervention américaine.
Au-delà des retraits officiels, les intervenants de la conférence ont reçu des courriels du journaliste américain Michael Shellenberger, qui travaille pour le média Public et affiche des positions alignées avec l'administration Trump. Dans ces messages, Shellenberger posait des questions étranges aux participants : les États-Unis constituaient-ils une menace informationnelle contre l'Europe ? Géraient-ils des fermes à trolls ? Leurs interventions étaient-elles financées par certains États ? Lou Osborne, membre du collectif All Eyes On Wagner qui participait à un panel sur la guerre informationnelle russe en Afrique, a décrit ce courriel comme « complètement lunaire » — ses travaux n'avaient aucun lien avec les États-Unis.
Shellenberger a publié une série de messages critiques sur X le 8 octobre, accusant l'Europe de vouloir censurer les Américains sur les réseaux sociaux américains « depuis des années ». Bien qu'aucun lien direct ne puisse être établi entre ses sollicitations et les pressions du département d'État, le timing et le contenu suggèrent une convergence d'efforts pour discréditer la conférence.
L'ONG organisatrice, EU Disinfo Lab basée à Bruxelles, a refusé de commenter le retrait des sponsors. Le SEAE a précisé qu'il continuait à soutenir les organisations de la société civile et à favoriser un débat ouvert sur la manipulation informationnelle étrangère, même s'il ne souhaitait pas être associé à cette conférence en particulier. Les organisateurs de Disinfo 2027, conscients des tensions que leur événement avait suscitées, ont choisi de ne pas révéler immédiatement le lieu de la prochaine conférence — une décision qu'ils ont marquée, avec un certain humour, en apposant un autocollant blanc sur l'annonce.
Citações Notáveis
J'ai reçu un mail bizarre de la part de Michael Shellenberger sur ce qu'on faisait : il nous demandait si les États-Unis était un acteur FIMI contre l'Europe, si on gérait des fermes à trolls, si notre intervention était payée par certains États, si on participait activement à de la censure. C'était complètement lunaire.— Lou Osborne, membre du collectif All Eyes On Wagner
Il a été décidé de faire retirer le logo du SEAE des documents associés à la conférence, compte tenu du contenu du programme, dont la préparation relevait de la responsabilité des organisateurs. Les organisateurs ont choisi de présenter certains débats d'une manière qui ne correspond pas aux positions officielles défendues par l'Union européenne.— Porte-parole du Service européen pour l'action extérieure