La mobilisation lycéenne a diminué mercredi (459 établissements fermés contre 891 mardi), mais une nouvelle journée d'action est prévue jeudi. Le gouvernement annonce une plateforme de dialogue ayant recueilli 40 000 contributions et des mesures concrètes fin octobre pour répondre aux revendications.
Lecornu apaise la crise lycéenne : « Les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter »
La colère des jeunes ne vient pas de nulle part
Pourquoi le Premier ministre a-t-il attendu mercredi pour s'adresser au pays ? Cela semble tardif.
Le mouvement s'était intensifié mardi avec 891 établissements fermés. Mercredi, le nombre a baissé à 459, ce qui a peut-être donné au gouvernement l'impression d'une fenêtre pour parler sans que la situation ne s'aggrave immédiatement.
Mais on ne sait pas vraiment si cette baisse était due à une fatigue du mouvement ou à autre chose. Et le gouvernement annonce des mesures « fin octobre » — c'est dans trois semaines. Les lycéens demandent à être reçus « la semaine prochaine ».
Les chefs d'établissement refusent d'organiser les journées de concertation. Cela affaiblit-il le plan du gouvernement ?
Oui, clairement. Le SNPDEN-Unsa dit que le climat n'est pas « serein » et que ces temps d'échange ne répondront pas aux problèmes de fond. C'est une critique interne, pas une opposition politique.
Mais on ne sait pas quels sont exactement ces « problèmes de fond ». Le gouvernement parle de « propositions chiffrées » des lycéens, mais on ne les voit pas dans cet article.
Qu'en est-il des violences ? 215 élèves blessés, c'est beaucoup.
C'est le chiffre officiel du ministère de l'Intérieur depuis le 28 septembre. Il y a aussi 89 enseignants blessés et 761 policiers. Et une enquête a été ouverte pour un adolescent frappé à la tête à Marseille.
Mais Nuñez rejette l'idée qu'il y ait eu une « répression policière ». Il dit qu'aucune instruction n'a été donnée pour restreindre l'utilisation d'armes intermédiaires. On a donc deux récits opposés sur ce qui s'est passé.
Et l'affaire des trois mineurs en garde à vue pour apologie du terrorisme ?
C'est une chanson reprise par des lycéens devant le lycée François Villon à Beaugency. La procureure dit que c'était une apologie du terrorisme parce qu'elle faisait référence à Mohamed Merah et Salah Abdeslam.
Mais on ne sait pas si cette arrestation est liée au mouvement lycéen ou si c'est une application stricte de la loi sur l'apologie du terrorisme. Le timing est troublant, mais l'article ne dit pas clairement si c'était une réponse au mouvement.
Lecornu dit que les forces de l'ordre « n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens ». Est-ce crédible ?
Il affirme que leur mission est de protéger les personnes et les biens, de faire respecter la loi et de garantir l'accès aux établissements. C'est une définition large.
Mais cela ne répond pas à la question de savoir si les instructions données correspondent à ce qui s'est passé sur le terrain. Les 18 enquêtes de la « police des polices » suggèrent qu'il y a eu des incidents qui méritent investigation.
Il Polso
- 459 établissements fermés mercredi contre 891 mardi
- 6 629 interpellations, 215 élèves blessés, 89 enseignants blessés depuis le 28 septembre
- Plateforme de dialogue ayant recueilli plus de 40 000 contributions
- 18 enquêtes de la police des polices ouvertes
- Trois mineurs en garde à vue à Orléans pour apologie du terrorisme
La mobilisation lycéenne a diminué mercredi (459 établissements fermés contre 891 mardi), mais une nouvelle journée d'action est prévue jeudi. Le gouvernement annonce une plateforme de dialogue ayant recueilli 40 000 contributions et des mesures concrètes fin octobre pour répondre aux revendications.
Face à la poursuite de la mobilisation lycéenne, le Premier ministre Sébastien Lecornu affirme que les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les jeunes, tandis que le gouvernement promet des réponses concrètes fin octobre.
Le mouvement de protestation des lycéens français a connu un ralentissement mercredi, mais le gouvernement se prépare à affronter une nouvelle vague de mobilisation jeudi. Mercredi, 459 établissements scolaires ont enregistré une fermeture totale ou partielle des cours, contre 891 la veille — un recul notable, mais qui n'annonce pas la fin de la crise. Le Premier ministre Sébastien Lecornu s'est adressé au pays depuis Matignon en fin d'après-midi, tentant de désamorcer les tensions avant que les lycéens ne relancent leur action, qu'ils ont baptisée « acte IV » du mouvement.
Lecornu a reconnu que « la colère des jeunes ne vient pas de nulle part » et a promis que le gouvernement présenterait « les premières décisions » à la fin du mois d'octobre pour répondre aux préoccupations des manifestants. Il a également assuré que les forces de l'ordre « n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens », affirmant que leur mission se limite à protéger les personnes et les biens, à faire respecter la loi et à garantir l'accès aux établissements. Le gouvernement a mis en place une plateforme de dialogue qui a déjà recueilli plus de 40 000 contributions, et Lecornu a annoncé que des « temps d'échange » se poursuivraient dans chaque lycée à partir de jeudi et jusqu'à la semaine suivante.
Cependant, les représentants lycéens et étudiants ont rejeté ces annonces comme insuffisantes. Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne, a déclaré que les organisations disposaient de « propositions chiffrées » à présenter et ont demandé à être reçues directement par le Premier ministre la semaine suivante. Le principal syndicat des chefs d'établissement, le SNPDEN-Unsa, a également refusé de mettre en place les journées de concertation proposées par le gouvernement, estimant que le climat n'était pas « serein » et que de simples temps d'échange ne suffiraient pas à résoudre les problèmes de fond.
Le bilan des violences depuis le 28 septembre révèle l'ampleur des affrontements : 6 629 interpellations, 215 élèves blessés, 89 membres du personnel enseignant blessés, et 761 policiers et gendarmes blessés. Une enquête a été ouverte pour « violences volontaires » après qu'un adolescent de 17 ans a été frappé à la tête par un coup de matraque lors d'un rassemblement mercredi devant un lycée de Marseille. L'Inspection générale de la police nationale a été saisie de cette affaire. Parallèlement, dix-huit enquêtes de la « police des polices » ont été ouvertes, selon le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a défendu sa gestion du maintien de l'ordre devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, rejetant toute accusation de « répression policière ».
D'autres incidents ont marqué la journée. Trois mineurs ont été placés en garde à vue à Orléans pour apologie du terrorisme après la diffusion d'une vidéo montrant des lycéens reprendre une chanson du rappeur BORO 700 faisant référence à Mohamed Merah et Salah Abdeslam. La procureure a précisé que l'enquête avait été ouverte mardi suite à cette vidéo partagée sur les réseaux sociaux devant le lycée François Villon de Beaugency.
Sur le plan diplomatique, la France a convoqué l'ambassadeur d'Iran pour protester contre une « campagne de désinformation » menée par Téhéran au sujet du mouvement lycéen. Le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères a dénoncé les « contenus mensongers » diffusés par des comptes officiels iraniens.
Malgré les tensions, un sondage Elabe pour BFMTV indique qu'une majorité de Français soutient ou exprime de la sympathie pour la mobilisation : 26 % déclarent la soutenir et 29 % expriment de la sympathie. Lecornu a également accusé certains responsables politiques d'utiliser « la colère des lycéens pour mener leurs batailles électorales », affirmant que « on ne peut pas jouer avec la sécurité des jeunes de France ». Alors que jeudi approche, le gouvernement et les représentants lycéens restent à distance, chacun attendant que l'autre fasse le premier pas vers un véritable dialogue.
Citazioni salienti
Les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens. Leur mission est de protéger les biens mais surtout les personnes, de faire respecter la loi et de permettre l'accès aux établissements scolaires.— Sébastien Lecornu, Premier ministre
Nous avons des propositions chiffrées que nous allons présenter et c'est pour ça que nous demandons dès la semaine prochaine un rendez-vous avec M. le Premier ministre.— Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne