Trois ans après les massacres du 7 octobre, l'écrivain Etgar Keret témoigne d'une blessure collective qui refuse de se refermer — non par fatalité, mais par choix politique. Pour les familles endeuillées et les otages libérés, le traumatisme est inscrit à jamais dans la chair et la mémoire ; pour la société dans son ensemble, il pourrait, en théorie, appartenir au passé. Mais tant que des décisions gouvernementales perpétuent le conflit plutôt que de le résoudre, le deuil collectif reste une plaie ouverte, entretenue autant par la violence que par le pouvoir.
Le 7 Octobre, un traumatisme sans fin selon Etgar Keret
Le traumatisme ne s'effacera jamais pour certains, mais pourrait cesser pour tous
Pourquoi Keret insiste-t-il sur cette distinction entre le traumatisme des victimes directes et celui du reste de la société ?
Parce qu'il y a une différence fondamentale. Pour une mère qui a perdu son enfant le 7 octobre, ce traumatisme est permanent, irréversible. Mais pour le reste d'Israël, le traumatisme collectif pourrait théoriquement prendre fin si les choix politiques changeaient.
Mais comment mesure-t-on vraiment cette distinction ? Si une personne n'a pas perdu un proche mais a vécu les attaques, ou a un ami qui a été otage, où se situe-t-elle exactement ?
C'est vrai que les frontières sont floues. Keret parle d'une tendance générale, pas d'une ligne nette et définitive.
Et quand il dit que Nétanyahou « s'échinera à le faire durer », qu'est-ce qu'il entend précisément par là ?
Que le gouvernement a intérêt à maintenir l'état de crise, parce que cela justifie certaines politiques et détourne l'attention d'autres enjeux.
C'est une accusation grave. Mais le texte ne fournit pas de preuves concrètes de cette stratégie délibérée. C'est une interprétation, une critique politique.
Oui, c'est un point de vue d'écrivain, pas un reportage d'investigation. Keret parle depuis son expérience et son observation de la vie politique israélienne.
Donc le message central, c'est que le traumatisme pourrait prendre fin, mais que les choix politiques actuels l'empêchent ?
Exactement. Et c'est une critique implicite du gouvernement actuel.
Bien sûr. Mais il faut noter que Keret ne propose pas de solution concrète, pas de chemin alternatif clairement défini.
O Pulso
- Trois ans après le 7 octobre, aucune cicatrisation n'est en vue pour les familles qui ont perdu les leurs ni pour les otages rescapés, dont le traumatisme est gravé dans le corps et dans chaque nuit sans sommeil.
- Keret distingue deux réalités irréconciliables : le traumatisme personnel, irréversible et intransmissible, et le traumatisme collectif, lui, maintenu en vie par des choix politiques délibérés.
- Le gouvernement Nétanyahou est implicitement accusé d'instrumentaliser la douleur nationale — faire durer le conflit permettrait de suspendre d'autres questions, de justifier des décisions qui seraient autrement contestées.
- La reconstruction psychologique collective reste une possibilité théorique, mais elle est entièrement suspendue à une volonté politique qui, pour l'heure, semble absente.
Trois ans après les massacres du 7 octobre, l'écrivain Etgar Keret témoigne d'une blessure collective qui refuse de se refermer — non par fatalité, mais par choix politique. Pour les familles endeuillées et les otages libérés, le traumatisme est inscrit à jamais dans la chair et la mémoire ; pour la société dans son ensemble, il pourrait, en théorie, appartenir au passé. Mais tant que des décisions gouvernementales perpétuent le conflit plutôt que de le résoudre, le deuil collectif reste une plaie ouverte, entretenue autant par la violence que par le pouvoir.
Trois ans après le 7 octobre, Etgar Keret écrit depuis un lieu de douleur qui ne s'est pas dissipé. Pour les familles endeuillées et les otages libérés, le traumatisme est une réalité permanente, inscrite dans le corps et la mémoire — aucune décision politique ne peut l'effacer. Mais Keret va plus loin : il distingue cette blessure personnelle irréversible du traumatisme collectif qui, lui, pourrait prendre fin.
Ce qui maintient la société entière dans cet état de plaie ouverte, dit-il, ce n'est pas l'inévitabilité de l'histoire. C'est un choix. Tant que le gouvernement israélien, sous la direction de Nétanyahou, choisit de prolonger le conflit plutôt que de le résoudre, le traumatisme reste actif, utilisé comme justification politique pour maintenir l'attention fixée sur la menace et la survie.
Trois ans après, la question demeure : quand la société pourra-t-elle commencer à cicatriser collectivement ? Pas pour ceux qui ont tout perdu ce jour-là — pour eux, la réponse est connue. Mais pour le reste, pour la possibilité même d'un retour à une forme de normalité, tout dépend de décisions qui n'ont rien d'inéluctables. Keret écrit depuis cette tension douloureuse : la certitude du deuil personnel, et l'incertitude d'un avenir collectif suspendu à des choix que d'autres feront.
Trois ans ont passé depuis le 7 octobre, et pour Etgar Keret, écrivain israélien dont la voix porte le poids de ce qui s'est vécu ce jour-là, le temps n'a rien effacé. Les familles qui ont perdu les leurs, les otages qui ont été libérés — ils portent tous une cicatrice qui ne cicatrisera jamais vraiment. C'est une blessure qui s'est installée au cœur même de l'existence, pas une plaie qu'on peut panser et oublier.
Ce que Keret observe, c'est que le traumatisme collectif ne s'arrête pas aux murs des maisons endeuillées. Il s'étend, il persiste, il se prolonge — et cette prolongation, dit-il, n'est pas une fatalité naturelle. Elle est un choix politique. Tant que les décisions prises au sommet de l'État visent à maintenir le conflit ouvert, à le perpétuer plutôt que de le résoudre, le traumatisme ne peut pas devenir un événement du passé. Il reste vivant, actif, une plaie qui continue de saigner.
La distinction qu'il trace est cruciale : pour ceux qui ont vécu directement les massacres, pour les familles qui ont vu leurs proches disparaître, pour les otages qui ont connu l'enfermement et la terreur, le traumatisme est inscrit dans le corps, dans la mémoire, dans chaque nuit sans sommeil. Aucune politique, aucune décision gouvernementale ne peut changer cela. Mais pour le reste de la société, pour ceux qui n'ont pas perdu un proche ce jour-là, le traumatisme collectif pourrait prendre fin — s'il y avait une volonté politique de le faire.
Ce que Keret critique implicitement, c'est l'idée que le gouvernement actuel, sous la direction de Nétanyahou, a choisi de faire durer ce moment. Non pas comme une nécessité inévitable, mais comme une stratégie. Tant que le conflit perdure, tant que la menace reste présente, tant que l'attention reste fixée sur la sécurité et la survie, d'autres questions peuvent rester en suspens. Le traumatisme devient un outil politique, une justification pour des choix qui autrement seraient contestés.
Trois ans après, la question reste ouverte : quand le traumatisme collectif pourra-t-il prendre fin ? Pas pour ceux qui ont perdu quelqu'un — pour eux, il ne prendra jamais fin. Mais pour la société dans son ensemble, pour la possibilité même d'une reconstruction, d'une cicatrisation collective, d'un retour à une forme de normalité. Cette fin dépend entièrement de décisions politiques qui n'ont rien d'inévitable. Elle dépend de choix qui peuvent être faits différemment, de chemins qui peuvent être empruntés ou abandonnés. Keret écrit depuis cette tension : le traumatisme personnel qui ne s'effacera jamais, et le traumatisme collectif qui pourrait prendre fin, mais seulement si quelqu'un décide de le laisser partir.
Citações Notáveis
Pour les familles endeuillées et les otages libérés, le traumatisme ne s'effacera jamais vraiment. Et pour nous, les autres, il ne pourra jamais cesser tant que Nétanyahou s'échinera à le faire durer.— Etgar Keret, écrivain israélien