Depuis moins d'une décennie, Parcoursup incarne une contradiction que la France peine à nommer : promettre l'université à tous tout en pratiquant une sélection silencieuse. Né sous Macron et Blanquer pour répondre à la massification, le système est devenu le bouc émissaire d'une crise lycéenne qui révèle, en réalité, l'épuisement d'un idéal égalitariste jamais tout à fait honnête. La demande du premier ministre Lecornu d'« améliorer » la plateforme soulève ainsi une question plus profonde : peut-on réformer un outil sans d'abord reconnaître le mensonge qui l'a fondé ?
Laurence de Charette : « Parcoursup, ultime victime du grand mensonge égalitariste »
L'amélioration passe par l'honnêteté : cesser de prétendre
Pourquoi Parcoursup est-il devenu un tel symbole de crise, alors que c'était censé résoudre un problème ?
Parce qu'il a été conçu pour cacher un problème plutôt que de le résoudre. On a créé une plateforme qui dit « tout le monde peut postuler » mais qui fonctionne en réalité sur la sélectivité. C'est cette contradiction qui crée la frustration.
Mais attendez — qui exactement a dit que Parcoursup était censé résoudre la massification ? Le texte dit que Macron et Blanquer ont énoncé « la fin du mythe de l'accès pour tous ». C'est donc qu'ils reconnaissaient le problème. Alors pourquoi l'appeler un mensonge ?
Parce que le système qui a suivi n'a pas assumé cette reconnaissance. Il a maintenu l'apparence d'égalité tout en introduisant une sélectivité opaque. C'est la duplicité.
Qu'est-ce qui changerait si on était plus transparent ?
Si les critères de sélection étaient clairs, si les universités pouvaient dire « nous prenons les meilleurs dossiers selon ces critères précis », alors au moins les étudiants sauraient à quoi s'en tenir. Ce ne serait plus un système qui prétend être égalitaire tout en étant sélectif.
Mais le texte ne dit pas comment Parcoursup fonctionne actuellement. Il ne donne pas d'exemples concrets de cette opacité. On sait que c'est ambigu, mais on ne sait pas précisément comment.
Est-ce que la méritocratie est vraiment la solution ?
C'est la seule solution honnête. Si on accepte qu'il y a plus de candidats que de places, alors il faut choisir. Autant le faire sur la base du mérite plutôt que de prétendre que tout le monde peut entrer.
Encore faut-il définir le mérite. Les notes ? Les compétences ? Le potentiel ? Le texte ne précise pas. Et puis, la méritocratie pure peut aussi reproduire des inégalités si elle ne tient pas compte des contextes différents.
O Pulso
- La crise dans les lycées a contraint le premier ministre à promettre une réforme de Parcoursup, révélant que la plateforme est devenue un point de rupture politique et social.
- Les manifestants qui dénoncent le système ne se trompent pas : ils perçoivent intuitivement la duplicité d'un outil qui affiche l'égalité tout en pratiquant une sélection opaque.
- La massification universitaire a rendu l'idéal d'un accès universel structurellement intenable, piégeant le système entre une promesse impossible et une réalité budgétaire implacable.
- L'auteur appelle à rompre avec la façade égalitariste en assumant franchement la sélectivité, en clarifiant les critères et en fondant les décisions sur un mérite transparent et justifiable.
- Sans cette honnêteté politique, toute « amélioration » de Parcoursup ne fera que repeindre la façade d'un mensonge que plus personne, ni lycéens ni familles, ne consent à croire.
Depuis moins d'une décennie, Parcoursup incarne une contradiction que la France peine à nommer : promettre l'université à tous tout en pratiquant une sélection silencieuse. Né sous Macron et Blanquer pour répondre à la massification, le système est devenu le bouc émissaire d'une crise lycéenne qui révèle, en réalité, l'épuisement d'un idéal égalitariste jamais tout à fait honnête. La demande du premier ministre Lecornu d'« améliorer » la plateforme soulève ainsi une question plus profonde : peut-on réformer un outil sans d'abord reconnaître le mensonge qui l'a fondé ?
Lorsque le premier ministre Sébastien Lecornu a ordonné d'« améliorer Parcoursup » face à la crise lycéenne, il a involontairement mis en lumière une contradiction bien plus ancienne que la plateforme elle-même. Car Parcoursup, créé sous Macron et Blanquer à partir de 2017, n'est pas simplement un outil défaillant — il est le symptôme d'un mensonge d'État.
Tout commence avec un dogme : l'université pour tous. Pendant des décennies, la France a entretenu l'idéal d'un accès universel à l'enseignement supérieur. Mais la réalité a fini par déborder l'idéal. Les universités, submergées par des vagues de bacheliers sans places suffisantes, ne pouvaient plus absorber la demande. Parcoursup devait résoudre cette équation impossible. Il n'a fait que la déguiser.
Le système maintient en effet l'apparence du rêve égalitariste — une plateforme ouverte, théoriquement accessible à chacun — tout en introduisant une sélectivité réelle, souvent opaque, qui contredit le discours officiel. C'est cette duplicité structurelle qui a fait de Parcoursup un bouc émissaire si commode : les lycéens qui le contestent pointent, sans forcément le formuler ainsi, une perversité inhérente au modèle.
La chronique pose alors une question d'honnêteté politique : si la sélection est nécessaire — et elle l'est —, pourquoi ne pas l'assumer ? Pourquoi perpétuer l'illusion d'une égalité d'accès quand le système fonctionne sur des critères de mérite et de capacité d'accueil ? Une véritable réforme ne consisterait pas à améliorer la façade, mais à reconnaître que Parcoursup est, et doit être, un outil de sélection — à condition que ses critères soient clairs, justes et explicables. Ce que révèle la crise actuelle, c'est moins l'échec d'une plateforme que l'épuisement d'un mensonge que personne ne consent plus à entretenir.
Quand Sébastien Lecornu, premier ministre, a lancé l'ordre d'« améliorer Parcoursup » face à la crise qui secoue les lycées, il a ouvert une porte sur une question bien plus vaste que celle du simple fonctionnement d'une plateforme. Améliorer, certes — mais vers où ? Parcoursup, ce système créé il y a moins d'une décennie sous la présidence d'Emmanuel Macron et l'impulsion de Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l'Éducation, est devenu le symbole d'une contradiction française que personne n'ose nommer clairement.
La genèse du système remonte à l'été 2017. Macron, jeune président fraîchement élu, vient de recruter Blanquer, un ancien recteur aux idées affirmées. C'est à ce moment que le gouvernement énonce une rupture : la fin du mythe selon lequel l'université serait accessible à tous. Cette formule, prononcée sans détour, révèle le cœur du problème. Pendant des décennies, la France s'est accrochée à un dogme égalitariste : l'université pour tous. Mais la réalité a rattrapé l'idéal. Les universités ont été submergées par des vagues de candidats. La massification a créé une situation intenable — des bacheliers se présentaient aux portes des facultés sans places pour les accueillir.
Parcoursup était censé résoudre cette équation impossible. Mais le système qui en a résulté incarne une ambiguïté profonde, presque une duplicité. D'un côté, il maintient l'apparence du rêve égalitariste : une plateforme ouverte, théoriquement accessible à tous. De l'autre, il introduit une sélectivité réelle, souvent opaque, qui contredit le message affiché. C'est cette contradiction qui a transformé Parcoursup en bouc émissaire idéal. Les manifestants qui dénoncent le système ne se trompent pas : ils pointent du doigt une perversité inhérente au modèle lui-même.
La question que pose cette chronique est celle de l'honnêteté politique. Si la sélectivité est nécessaire — et elle l'est, face à la réalité des capacités d'accueil — alors pourquoi ne pas l'assumer franchement ? Pourquoi maintenir le mensonge d'une égalité d'accès quand le système fonctionne sur des critères de mérite et de capacité ? L'amélioration de Parcoursup ne peut passer que par une transparence accrue : clarifier les critères, expliquer les décisions, reconnaître que la sélectivité n'est pas une trahison de l'égalité mais une nécessité face aux réalités budgétaires et pédagogiques.
Ce que révèle la crise actuelle, c'est l'épuisement d'un mensonge. Le système français a longtemps cru pouvoir concilier l'inconciliable : offrir à chacun une place à l'université tout en maintenant la qualité de l'enseignement supérieur. Parcoursup est le symptôme de cette impossibilité. Améliorer le système, c'est donc d'abord cesser de prétendre qu'il peut être autre chose qu'un outil de sélection. Une véritable réforme passerait par l'acceptation de cette réalité et par la mise en place de critères de mérite clairs et justes, plutôt que par le maintien d'une façade égalitariste qui ne trompe plus personne.
Citações Notáveis
Améliorer Parcoursup, c'est d'abord cesser de prétendre qu'il peut être autre chose qu'un outil de sélection— Laurence de Charette