La Russie affirme avoir vendu 320 milliards de dollars d'hydrocarbures à l'Europe depuis 2022

L'Europe verse à la Russie plus pour l'énergie qu'elle n'aide l'Ukraine
La critique suédoise au cœur du débat sur l'hypocrisie des sanctions européennes contre Moscou.
Mark

Comment la Russie continue-t-elle à vendre autant d'énergie à l'Europe alors que des sanctions sont censées l'isoler?

Mimi

Par des dérogations officielles. La Slovaquie, la Hongrie et d'autres pays ont obtenu des exemptions pour continuer à acheter du pétrole par oléoduc. Et plusieurs États, dont la France, achètent du gaz naturel liquéfié russe.

Luke

Mais attendez — ces chiffres viennent de Moscou. Nous n'avons que la parole de Novak sur ces 320 milliards de dollars. Les chiffres européens correspondent-ils?

Mimi

C'est une bonne question. Le chiffre n'est pas indépendamment vérifié dans le texte. Mais la réalité du commerce énergétique UE-Russie est bien documentée, même si le montant exact peut être contesté.

Mark

Pourquoi la Suède et les États-Unis crient-ils à l'hypocrisie?

Mimi

Parce que l'Europe dit combattre la Russie par les sanctions, mais lui verse plus d'argent pour l'énergie qu'elle n'aide l'Ukraine. C'est un argument politique puissant.

Luke

Mais il faut noter que Trump négocie lui-même un accord sur le diesel russe. L'hypocrisie n'est peut-être pas unilatérale.

Mimi

Exactement. Trump critique l'Europe tout en cherchant à baisser les prix du diesel en s'approvisionnant auprès de la Russie. C'est un jeu politique complexe.

Mark

Et les circuits indirects — l'Inde, la Turquie — ils contournent vraiment les sanctions?

Luke

Le texte dit que ces pays « ont massivement augmenté » leurs achats de brut russe, mais il ne quantifie pas combien revient en Europe après transformation. C'est une zone grise importante.

Mimi

Oui, et c'est précisément ce qui rend le débat si tendu. Personne ne sait exactement combien d'énergie russe arrive en Europe par ces routes détournées.

  • 320,7 milliards de dollars d'hydrocarbures russes livrés à l'UE depuis 2022
  • 21,3 milliards de dollars achetés par l'Europe en neuf mois de 2026
  • Slovaquie et Hongrie bénéficient d'exemptions pour le pétrole par oléoduc
  • Suède plaide pour saisir les avoirs russes gelés en UE

Les pays européens continuent d'acheter massivement du gaz naturel liquéfié et du pétrole russes via des dérogations aux sanctions imposées après l'invasion de l'Ukraine. La Suède dénonce l'hypocrisie : l'UE a versé plus d'argent à la Russie pour l'énergie que d'aide à l'Ukraine, plaidant pour saisir les avoirs russes gelés.

Moscou affirme avoir livré pour 320 milliards de dollars d'hydrocarbures à l'UE depuis 2022, malgré les sanctions liées à la guerre en Ukraine, dont 21,3 milliards en neuf mois de 2026.

Moscou a annoncé lundi que les pays européens ont continué à acheter massivement des hydrocarbures russes malgré les sanctions imposées après l'invasion de l'Ukraine. Selon Alexandre Novak, vice-Premier ministre russe chargé de l'Énergie, le volume total des livraisons vers l'Union européenne depuis 2022 atteint 320,7 milliards de dollars, soit environ 286 milliards d'euros. Au cours des neuf premiers mois de 2026 seuls, les pays européens ont acheté pour 21,3 milliards de dollars de ressources énergétiques russes.

Cette persistance du commerce énergétique entre l'Europe et la Russie s'explique par un système de dérogations aux sanctions. Bien que l'Union européenne ait imposé de multiples restrictions après le début de l'offensive de grande ampleur en Ukraine, plusieurs États continuent de s'approvisionner en gaz naturel liquéfié auprès de Moscou. La Slovaquie et la Hongrie bénéficient notamment d'exemptions leur permettant d'acheter du pétrole russe transporté par oléoduc. Novak a souligné que la Russie « continue à fournir des ressources énergétiques dans certains domaines pour lesquels des dérogations ont été accordées ».

Le chiffre de 320 milliards de dollars ne tient pas compte des hydrocarbures russes qui parviennent en Europe de manière indirecte, après transformation dans des pays tiers comme l'Inde et la Turquie. Ces deux nations, ainsi que la Chine, ont massivement augmenté leurs achats de brut russe depuis 2022, créant des circuits de contournement des sanctions qui alimentent indirectement le marché européen.

Cette situation a provoqué des critiques acérées de la part de responsables suédois et américains. Maria Malmer Stenergard, ministre suédoise des Affaires étrangères, a dénoncé lundi lors d'une réunion avec ses homologues de l'UE à Luxembourg ce qu'elle considère comme une contradiction flagrante : les pays européens ont versé à la Russie pour l'énergie un montant supérieur à l'aide qu'ils ont apportée à l'Ukraine. Elle a plaidé pour que l'Union saisisse les avoirs russes gelés sur son territoire, affirmant que cette mesure « doublerait presque le montant total du soutien » accordé à Kyiv depuis 2022.

Le gouvernement américain a également critiqué cette dépendance énergétique. Scott Bessent, ministre américain des Finances, a dénoncé dimanche l'« hypocrisie » des Européens, qui « continuent de financer Vladimir Poutine » tout en refusant de bénéficier d'un répit sur les prix du diesel. Le président Donald Trump a renchéri lundi sur son réseau Truth Social, affirmant que l'Union européenne a versé 250 milliards de dollars à la Russie pour son énergie — un chiffre désormais révisé à la hausse par Moscou — et justifiant ainsi sa propre politique énergétique envers la Russie.

Le contexte de ces critiques inclut un accord annoncé vendredi par Trump concernant la fourniture russe de diesel sur les marchés mondiaux, destiné à calmer les prix en hausse mondiale. Novak a estimé que la Russie, l'un des principaux producteurs mondiaux d'hydrocarbures, « pourra atteindre un volume de 3 à 3,5 millions de tonnes par mois de livraisons sur les marchés mondiaux, comme c'était le cas avant la crise ». Kirill Dmitriev, conseiller de Poutine pour la coopération économique internationale, a également fustigé lundi sur X l'« incroyable hypocrisie des bureaucrates de l'UE ».

Le débat révèle une tension fondamentale : alors que l'Europe maintient un cadre de sanctions contre la Russie, elle continue de dépendre de ses ressources énergétiques et de les financer à grande échelle. Les chiffres russes, bien qu'à prendre avec prudence comme toute affirmation officielle de Moscou, illustrent l'ampleur de ce commerce persistant et les contradictions que les alliés occidentaux reprochent à l'Union européenne.

Malgré les restrictions liées aux sanctions, nous continuons à fournir des ressources énergétiques dans certains domaines pour lesquels des dérogations ont été accordées
— Alexandre Novak, vice-Premier ministre russe
Si nous utilisions les avoirs gelés, nous doublerions presque le montant total du soutien que nous avons apporté à l'Ukraine
— Maria Malmer Stenergard, ministre suédoise des Affaires étrangères
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