À Saint-Denis, commune où plus d'une femme sur quatorze porte les marques d'une mutilation sexuelle, le maire Bally Bagayoko et sa majorité LFI ont choisi de s'abstenir lors d'un vote municipal contre l'excision, laissant à l'opposition seule la responsabilité d'un geste symbolique. Ce silence collectif, dans un lieu où l'enjeu n'est ni abstrait ni lointain, rappelle que les convictions proclamées n'ont de sens que lorsqu'elles s'incarnent dans l'acte public le plus simple : lever la main.
«La honte» : Bally Bagayoko critiqué pour son abstention sur un vote contre l'excision
S'abstenir sur la protection contre l'excision dans un département où 7,1 % des femmes en sont victimes
Pourquoi un maire s'abstiendrait-il sur un vote contre l'excision ? C'est une question où le consensus semble total.
C'est la question que tout le monde se pose. L'abstention peut venir de plusieurs endroits — parfois c'est une tactique politique, parfois c'est un désaccord sur la formulation du texte plutôt que sur le fond.
Mais l'article ne nous dit pas pourquoi Bagayoko s'est abstenu. On sait qu'il l'a fait, on sait que l'opposition l'a critiqué, mais les raisons réelles restent floues.
Et le chiffre de 7,1 % — c'est énorme. Ça change vraiment la lecture de cette abstention.
Oui, c'est ce qui rend la controverse si vive localement. Ce n'est pas un problème théorique pour Saint-Denis. C'est une réalité qui touche des centaines de femmes dans le département.
Attendez — l'étude parle des femmes de 18 à 44 ans qui en sont victimes. Mais on ne sait pas si ces femmes vivent actuellement à Saint-Denis ou si elles y ont grandi. C'est une nuance importante.
Bagayoko a dit qu'il s'opposait aux mutilations sexuelles. Alors pourquoi ne pas voter pour ?
C'est la tension centrale. Son abstention contredit son affirmation ultérieure. Ou du moins, elle la rend confuse.
Sauf si — et c'est possible — il y avait quelque chose dans le texte du vœu qu'il ne soutenait pas. L'article mentionne aussi une loi contre les violences sexistes. Peut-être que c'était ça, le point de friction ?
Mais il aurait pu voter pour la partie sur l'excision et s'abstenir sur le reste.
Exactement. C'est pourquoi l'abstention collective de toute la majorité semble étrange. Elle suggère une décision politique, pas une conviction.
Et c'est là qu'on atteint les limites du reportage. On ne sait pas ce qui s'est vraiment passé dans la salle ce jour-là.
Le Pouls
- Dans un département où 7,1 % des femmes de 18 à 44 ans sont victimes d'excision, l'abstention de la majorité municipale résonne comme une indifférence insupportable pour ses opposants.
- Le vœu, porté par socialistes, écologistes et citoyens, n'a recueilli que 8 voix pour face à 44 abstentions — une adoption en trompe-l'œil qui masque un refus de s'engager.
- L'opposition a immédiatement qualifié cette position de « honte », transformant un vote de procédure en affrontement moral sur la protection des femmes et des filles.
- Bagayoko a tenté de dissocier son abstention de toute tolérance envers les mutilations sexuelles, réaffirmant son opposition personnelle — sans convaincre ses détracteurs.
- L'incident cristallise une tension plus large : celle entre les postures politiques d'une gauche radicale et son rapport concret aux droits des femmes dans des territoires populaires.
À Saint-Denis, commune où plus d'une femme sur quatorze porte les marques d'une mutilation sexuelle, le maire Bally Bagayoko et sa majorité LFI ont choisi de s'abstenir lors d'un vote municipal contre l'excision, laissant à l'opposition seule la responsabilité d'un geste symbolique. Ce silence collectif, dans un lieu où l'enjeu n'est ni abstrait ni lointain, rappelle que les convictions proclamées n'ont de sens que lorsqu'elles s'incarnent dans l'acte public le plus simple : lever la main.
Le 24 septembre, lors d'une séance du conseil municipal de Saint-Denis, l'opposition a soumis un vœu demandant la protection des filles et des femmes contre les mutilations sexuelles féminines, ainsi que l'adoption d'une loi globale contre les violences sexistes. La majorité LFI conduite par le maire Bally Bagayoko a choisi de s'abstenir. Le texte a néanmoins été adopté, avec seulement 8 voix pour et 44 abstentions.
Cette abstention collective a immédiatement suscité l'indignation de l'opposition, qui a dénoncé une « honte ». Le reproche prend une résonance particulière dans ce territoire : une étude estime que 7,1 % des femmes de 18 à 44 ans en Seine-Saint-Denis sont victimes d'excision, faisant de ce vote bien plus qu'un geste symbolique.
Face à la polémique, Bagayoko a tenu à réaffirmer son opposition personnelle aux mutilations sexuelles féminines, cherchant à distinguer sa position politique de toute forme de tolérance envers ces pratiques. Ses explications n'ont pas suffi à éteindre la controverse.
Cette affaire révèle la fragilité des consensus moraux apparents en politique locale. Lorsque l'abstention remplace l'engagement explicite sur une question aussi fondamentale que la protection des enfants, elle devient elle-même un acte politique — et un aveu que les élus lisent parfois leurs silences différemment de ceux qu'ils sont censés représenter.
Bally Bagayoko, le maire de La France Insoumise à Saint-Denis, s'est retrouvé au cœur d'une controverse politique après avoir choisi de s'abstenir lors d'un vote municipal portant sur la lutte contre l'excision. Le 24 septembre, lors d'une séance du conseil municipal, le groupe d'opposition composé de socialistes, d'écologistes et de citoyens avait soumis un vœu demandant la protection des filles et des femmes contre les mutilations sexuelles féminines, ainsi que l'adoption d'une loi globale contre les violences sexistes et sexuelles. La majorité municipale, menée par Bagayoko, a décidé de ne pas voter en faveur du texte, préférant s'abstenir. Malgré cette abstention collective, le vœu a finalement été adopté avec 8 voix pour et 44 abstentions.
Cette abstention a immédiatement déclenché une vague de critiques de la part de l'opposition, qui a qualifié cette position de « honte ». Pour ses détracteurs, le refus de voter en faveur d'une mesure de protection contre l'excision était particulièrement problématique compte tenu du contexte local. En Seine-Saint-Denis, le département où Saint-Denis est située, une étude estime que 7,1 % des femmes âgées de 18 à 44 ans sont victimes d'excision. Ce chiffre révèle l'ampleur préoccupante du problème dans la région, transformant le vote municipal en enjeu de santé publique et de protection des droits des femmes.
Face aux accusations, Bagayoko a réaffirmé son opposition personnelle aux mutilations sexuelles féminines. Il a cherché à clarifier sa position, insistant sur le fait que son abstention ne reflétait pas une quelconque tolérance envers ces pratiques. Cependant, cette explication n'a pas suffi à apaiser la controverse. L'incident met en lumière les tensions politiques autour de questions sensibles liées aux droits des femmes et à la protection de l'enfance, même lorsque le consensus semble évident.
Le contexte de cette abstention reste important. Saint-Denis, commune de la banlieue parisienne, accueille une population diverse avec des enjeux sociaux complexes. La question de l'excision n'est pas abstraite ou lointaine pour les habitants : elle touche directement des jeunes filles du territoire. Le vœu municipal, bien qu'adopté malgré l'abstention de la majorité, représentait une prise de position claire de la collectivité sur un sujet de protection fondamentale.
Cette affaire illustre comment les votes municipaux, même sur des questions qui semblent faire l'objet d'un large consensus moral, peuvent devenir des points de friction politique. L'abstention de Bagayoko et de sa majorité, quelle qu'en soit la raison, a été perçue comme une absence de soutien explicite à une cause défendue par l'opposition. Dans un contexte où les mutilations sexuelles féminines demeurent une réalité pour une part significative de la population locale, cette position a alimenté le débat sur l'engagement réel des élus face aux violences faites aux femmes.
Citations marquantes
Bagayoko a réaffirmé son opposition personnelle aux mutilations sexuelles féminines— Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis