Le 11 avril 2024, à Rabat, un Français converti à l'islam nommé Clément Besneville disparaissait sans laisser de trace, au lendemain d'une fête religieuse qui aurait dû être jour de lumière. Plus de deux ans après, ni les enquêteurs marocains ni la justice française ne semblent avoir percé le mystère, laissant une famille suspendue entre le deuil impossible et l'espoir fragile. Cette affaire illustre la solitude des proches face aux silences croisés de deux administrations, et la façon dont une vie peut s'effacer dans l'espace étroit entre deux systèmes judiciaires.
Disparition de Clément Besneville à Rabat : l'enquête explore crime, radicalisation et angles morts
Deux ans et demi sans savoir ce qui s'est passé
Pourquoi cette affaire reste-t-elle si opaque après deux ans et demi ?
Les autorités marocaines mènent l'enquête, mais la famille française n'a accès qu'à des bribes. Les trois premiers mois cruciaux du dossier ne sont toujours pas transmis à la justice française, même après une demande officielle d'entraide pénale.
Attendez — on sait que Mehdi l'a vu le 11 avril, mais on ne sait pas ce qui s'est passé après ? Pas de caméras de surveillance, pas de témoins supplémentaires ?
Le dossier ne dit pas. C'est justement ce qui rend les choses si frustrantes pour la famille.
Et ces trois pistes — crime crapuleux, crise psychotique, radicalisation — elles sont toutes aussi plausibles ?
L'enquête les explore toutes. Mais sans voir le détail des investigations, on ne sait pas laquelle avance vraiment, ou si elles sont au même stade.
Donc on ne sait pas si c'est une disparition volontaire, un accident, un crime, ou une fuite ? C'est ça qu'on dit ?
Oui. Et la famille, elle, est certaine qu'il n'aurait jamais disparu de son plein gré.
Qu'est-ce que la conversion à l'islam change dans l'équation ?
Peut-être rien, peut-être tout. C'est une donnée que les enquêteurs examinent, mais on ne sait pas comment.
Et les lettres à Macron, à Darmanin ? Ça a bougé quelque chose ?
Pas visiblement. La famille attend toujours les documents clés.
O Pulso
- Depuis le 11 avril 2024, Clément Besneville reste introuvable après avoir été aperçu pour la dernière fois dans une échoppe du quartier de l'Océan à Rabat — et aucune piste n'a encore abouti.
- L'enquête marocaine s'éparpille entre trois hypothèses contradictoires — crime crapuleux, crise psychotique, radicalisation — sans qu'aucune ne soit confirmée ni écartée.
- Les trois premiers mois d'investigations, pourtant décisifs, n'ont toujours pas été transmis à la justice française, malgré une demande d'entraide pénale internationale formulée en février 2026.
- Didier et Véronique Besneville ont multiplié les voyages à Rabat, les lettres aux plus hautes autorités françaises et les enquêtes de terrain dans le quartier, refusant de laisser leur fils disparaître dans l'indifférence.
- Deux ans et demi de silence administratif s'ajoutent au vide laissé par l'absence, transformant l'attente en une épreuve aussi opaque que le mystère lui-même.
Le 11 avril 2024, à Rabat, un Français converti à l'islam nommé Clément Besneville disparaissait sans laisser de trace, au lendemain d'une fête religieuse qui aurait dû être jour de lumière. Plus de deux ans après, ni les enquêteurs marocains ni la justice française ne semblent avoir percé le mystère, laissant une famille suspendue entre le deuil impossible et l'espoir fragile. Cette affaire illustre la solitude des proches face aux silences croisés de deux administrations, et la façon dont une vie peut s'effacer dans l'espace étroit entre deux systèmes judiciaires.
Le 11 avril 2024, deuxième jour de l'Aïd-el-Fitr, Clément Besneville — converti à l'islam, connu aussi sous le nom d'Abdallah — s'arrête dans la boutique d'un commerçant nommé Mehdi, en haut de l'avenue Laalou, dans le quartier de l'Océan à Rabat. Il le salue, repart. C'est la dernière image que quiconque conserve de lui. Trois mois plus tard, Mehdi racontera cette rencontre à un enquêteur de la Brigade nationale de la police judiciaire de Casablanca.
Depuis, les autorités marocaines ont ouvert plusieurs directions sans en refermer aucune : un crime crapuleux, une décompensation psychotique, ou encore une possible radicalisation. Chaque piste coexiste avec les autres, et des zones d'ombre persistantes empêchent toute conclusion. En février 2026, la justice française a pu accéder à une partie du dossier via une demande d'entraide pénale internationale — mais les informations arrivent au compte-gouttes, et les trois premiers mois d'investigations, pourtant cruciaux, n'ont toujours pas été transmis.
Pendant deux ans et demi, ses parents, Didier et Véronique Besneville, ont fait le voyage à Rabat à plusieurs reprises, rencontré des consuls, des magistrats, des policiers. Convaincus que leur fils n'aurait jamais disparu de son plein gré, ils ont eux-mêmes arpenté le quartier de l'Océan, interrogé les habitants, cherché des indices. Didier a écrit à Emmanuel Macron, à Gérald Darmanin et à Jean-Noël Barrot pour demander que les démarches s'accélèrent.
La famille attend toujours. Au mystère de la disparition s'est ajouté celui du silence — celui des dossiers qui n'avancent pas, des réponses qui ne viennent pas, de deux systèmes judiciaires qui peinent à se parler. Clément Besneville reste absent, quelque part entre deux pays et deux enquêtes qui n'ont pas encore trouvé leur chemin l'une vers l'autre.
Clément Besneville a disparu à Rabat le 11 avril 2024. Plus de deux ans plus tard, sa famille attend toujours des réponses.
Ce jour-là, c'était le deuxième jour de l'Aïd-el-Fitr. Un commerçant nommé Mehdi se souvient l'avoir vu vers midi et demi dans son magasin, une petite échoppe en haut de l'avenue Laalou, dans le quartier de l'Océan, au pied des remparts de la casbah des Oudayas. Clément, qui s'était converti à l'islam et se faisait aussi appeler Abdallah, était passé le saluer. C'est la dernière trace de lui. Trois mois plus tard, le 14 juillet 2024, Mehdi racontait cette rencontre à un enquêteur de la Brigade nationale de la police judiciaire de Casablanca.
Les investigations marocaines ont depuis exploré plusieurs pistes divergentes. Les autorités examinent l'hypothèse d'un crime crapuleux. Elles considèrent aussi la possibilité d'une crise psychotique. Une troisième direction d'enquête porte sur une possible radicalisation. Mais l'enquête comporte aussi des zones d'ombre persistantes, des angles morts qui restent inexpliqués.
En février 2026, la justice française a enfin eu accès à une partie du dossier marocain. L'accès s'est fait par le biais d'une demande d'entraide pénale internationale adressée au procureur général du Roi près la cour d'appel de Rabat. Mais les informations arrivent au compte-gouttes. Les trois premiers mois d'investigations — des semaines cruciales dans toute enquête judiciaire — ne sont toujours pas entre les mains des autorités françaises.
Pendant deux ans et demi, Didier et Véronique Besneville ont fait plusieurs allers-retours à Rabat. Ils ont rencontré des représentants du consulat, des magistrats, des policiers marocains. Convaincus que leur fils n'aurait jamais disparu volontairement, ils ont aussi mené leur propre enquête dans le quartier de l'Océan, questionnant les gens, cherchant des indices. Didier Besneville a écrit à Emmanuel Macron, au garde des Sceaux Gérald Darmanin, et au ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, demandant de l'aide pour accélérer les démarches.
La famille attend toujours. Deux ans et demi sans savoir ce qui s'est passé. Deux ans et demi sans réponses claires sur les pistes que suivent les enquêteurs, sur ce qu'ils ont découvert, sur ce qui bloque la progression du dossier. Le silence administratif s'ajoute au mystère de la disparition elle-même.
Citações Notáveis
La dernière fois qu'il a vu le ressortissant français, c'était le deuxième jour de l'Aïd-el-Fitr, le 11 avril 2024— Mehdi, commerçant à Rabat, à un enquêteur de la Brigade nationale de la police judiciaire