Dans les rues de Rio de Janeiro, des milliers de Brésiliens ont marché pour rappeler que la mémoire collective — celle d'une pandémie mal gérée, d'une tentative de coup d'État, d'une démocratie fragilisée — ne s'efface pas entre deux tours. La victoire de Flavio Bolsonaro au premier tour face à Lula a rouvert des blessures que beaucoup croyaient en voie de cicatrisation, et placé le pays devant un choix qui dépasse les programmes : celui de l'identité même de la République brésilienne.
Des milliers de Brésiliens manifestent contre Flavio Bolsonaro avant le second tour
Je suis une femme noire et je pense que nous perdrons nos droits
Pourquoi cette manifestation a-t-elle rassemblé plus de monde que le rassemblement de Lula la semaine précédente, alors que Lula est le président sortant?
C'est une question de mobilisation émotionnelle. Lula menait une campagne plutôt terne au premier tour. Mais quand Flavio Bolsonaro a remporté le premier tour dimanche, c'était un choc pour la gauche. Soudain, les gens ont eu peur. La peur est un puissant moteur de mobilisation.
Mais nous ne savons pas les chiffres exacts de participation aux deux événements. L'article dit « plus nombreux et motivés » mais ne donne pas de nombres. C'est une observation, pas une mesure.
Les manifestants craignaient une amnistie pour Jair Bolsonaro. Flavio a-t-il explicitement promis cela?
L'article dit que les manifestants « ont exprimé aussi leurs inquiétudes quant aux projets de Flavio Bolsonaro de gracier ou de faire amnistier son père ». C'est une crainte, une projection de ce qu'il pourrait faire.
Exactement. L'article ne cite pas Flavio promettant une amnistie. Il dit que les manifestants craignent qu'il le fasse. C'est une différence importante. Ce sont les peurs des manifestants, pas des promesses confirmées du candidat.
Pourquoi Lula a-t-il publié un selfie vidéo alors qu'il dit ne pas avoir de téléphone portable?
C'est un geste symbolique pour montrer qu'il peut s'adapter, qu'il comprend les réseaux sociaux. Le camp Bolsonaro a toujours eu l'avantage sur les réseaux sociaux, donc Lula essaie de rattraper son retard.
Mais c'est aussi un peu contradictoire, non? Il se vante de ne pas avoir de téléphone, puis il publie un selfie. L'article ne clarifie pas qui a vraiment filmé ou posté cette vidéo. C'est un détail qui reste flou.
La peur des personnes transgenres et des femmes noires — est-ce basée sur des politiques spécifiques de Jair Bolsonaro?
Oui, pendant sa présidence de 2019 à 2022, il y a eu des reculs sur les droits des minorités. Les gens se souviennent de cela et craignent que Flavio suive la même voie.
Mais l'article ne détaille pas ces politiques spécifiques. Il rapporte les craintes des manifestants, ce qui est valide, mais nous ne voyons pas les preuves concrètes de ce que Jair Bolsonaro a fait ou n'a pas fait concernant les droits transgenres ou des femmes noires. C'est un vide documentaire.
Quel est le vrai enjeu économique ici?
La dette publique a fortement augmenté au Brésil ces dernières années, aggravée par des taux d'intérêt élevés. Flavio promet des coupes budgétaires drastiques. Les marchés financiers ont réagi positivement — la Bourse de Sao Paulo a monté en flèche après le premier tour.
Mais nous ne savons pas quels secteurs seraient coupés. L'article mentionne les universités sous Jair Bolsonaro, mais Flavio n'a pas détaillé son programme de réductions. C'est une promesse vague, et les manifestants projettent leurs peurs sur cette vague promesse.
Der Puls
- Le choc du premier tour — Flavio Bolsonaro devançant Lula — a agi comme une décharge électrique sur la gauche brésilienne, précipitant des milliers de personnes dans les rues dès le mercredi suivant.
- Des femmes transgenres, des femmes noires, des étudiants sans financement assuré : les visages de la manifestation révèlent que ce qui est en jeu n'est pas abstrait, mais ancré dans des vies concrètes et des droits fragiles.
- L'ombre de Jair Bolsonaro — condamné à 27 ans de résidence surveillée pour tentative de coup d'État — plane sur la campagne, son fils promettant une amnistie qui transformerait une condamnation judiciaire en victoire politique posthume.
- Lula, à 81 ans, tente de se réinventer en candidat des réseaux sociaux, publiant son premier selfie vidéo pour exhorter ses partisans à descendre dans la rue — un virage tardif dans une campagne qui avait manqué d'élan.
- Les marchés financiers de São Paulo ont salué la percée de la droite par une envolée boursière, creusant un peu plus le fossé entre les attentes économiques des élites et les craintes sociales de la rue.
Dans les rues de Rio de Janeiro, des milliers de Brésiliens ont marché pour rappeler que la mémoire collective — celle d'une pandémie mal gérée, d'une tentative de coup d'État, d'une démocratie fragilisée — ne s'efface pas entre deux tours. La victoire de Flavio Bolsonaro au premier tour face à Lula a rouvert des blessures que beaucoup croyaient en voie de cicatrisation, et placé le pays devant un choix qui dépasse les programmes : celui de l'identité même de la République brésilienne.
Mercredi 7 octobre, des milliers de Brésiliens ont envahi le centre de Rio de Janeiro aux cris de « Non au père, non au fils » et « Plus jamais la dictature ». La mobilisation, portée par des organisations étudiantes, intervenait quelques jours après un premier tour qui avait secoué le pays : Flavio Bolsonaro, sénateur conservateur de 45 ans et fils de l'ancien président d'extrême droite, avait devancé le président sortant Lula, 81 ans, candidat à un quatrième mandat non consécutif.
Parmi les manifestants, les témoignages disaient l'inquiétude intime autant que politique. Alice Carneiro, 25 ans, pleurait en évoquant sa femme transgenre et ce qu'un retour de la droite signifierait pour elle. Iara Pinheiro, 16 ans, femme noire, craignait de voir les droits durement acquis s'effacer. Emmanuel Araujo, 19 ans, se demandait à quoi bon préparer un concours universitaire si les budgets de l'enseignement supérieur étaient à nouveau sacrifiés.
Ces craintes s'alimentaient du bilan de Jair Bolsonaro : plus de 700 000 morts du Covid-19 sous une présidence qui avait qualifié le virus de « simple grippe », des coupes dans les universités, et une tentative de coup d'État après sa défaite de 2022 — qui lui vaut aujourd'hui 27 ans de résidence surveillée. Son fils promet de le gracier, en plus de réductions budgétaires symbolisées par une paire de ciseaux évoquant la tronçonneuse de son allié argentin Javier Milei.
La manifestation de mercredi a réuni plus de monde que le rassemblement pro-Lula du vendredi précédent, signe d'une mobilisation qui monte. D'autres rassemblements étaient annoncés à travers le pays. Pendant ce temps, Flavio Bolsonaro consolidait ses alliances conservatrices au Parlement, fort d'une majorité de droite issue des législatives du même dimanche. Lula, lui, tentait de rattraper son retard sur les réseaux sociaux en publiant son premier selfie vidéo — un symbole de la distance qu'il lui reste à combler avant le scrutin décisif du 25 octobre.
Au cœur de Rio de Janeiro, mercredi 7 octobre, des milliers de Brésiliens ont défilé dans les rues du centre-ville, porteurs de pancartes et d'autocollants qui criaient leur refus : « Non au père, non au fils », « Bolsonaro dehors », « Plus jamais la dictature ». Les organisations étudiantes avaient appelé à cette mobilisation massive alors que le Brésil se prépare pour un second tour électoral décisif le 25 octobre. Ce qui s'était déroulé le dimanche précédent avait secoué le pays. Flavio Bolsonaro, sénateur conservateur de 45 ans et fils de l'ancien président d'extrême droite Jair Bolsonaro, avait remporté le premier tour face au président sortant Luiz Inacio Lula da Silva, qui approche des 81 ans et brigue un quatrième mandat non consécutif. Pour la gauche, c'était un choc.
Au milieu des tambours et des feux d'artifice, la foule — jeunes et moins jeunes mélangés — a traversé Rio en exprimant ses craintes. Alice Carneiro, 25 ans, administratrice dans le secteur du transport maritime, s'est confiée aux journalistes en larmes. Elle était venue parce qu'elle croyait en la démocratie, mais aussi parce qu'elle avait peur. Sa femme est transgenre, et elle redoutait ce qu'un retour de la droite au pouvoir signifierait pour elle. Iara Pinheiro, 16 ans, femme noire, exprimait la même angoisse : « Je pense que nous perdrons nos droits si nous élisons à nouveau Bolsonaro. Nous finirons par perdre notre démocratie. » Emmanuel Araujo, 19 ans, préparait ses examens d'entrée à l'université et trouvait « très triste cette montée de l'extrême droite ». Il voyait peu d'intérêt à réussir un concours d'entrée pour se retrouver dans une université affamée de financements.
Les manifestants pointaient du doigt le bilan de Jair Bolsonaro pendant sa présidence de 2019 à 2022, en particulier sa gestion catastrophique de la pandémie de Covid-19. L'ancien président avait qualifié le virus de « simple grippe ». Le Brésil avait enregistré plus de 700 000 décès, le deuxième bilan le plus lourd au monde après les États-Unis. Cette réalité pesait lourdement sur les esprits alors que Flavio Bolsonaro se présentait comme le favori de l'élection.
Une autre source d'inquiétude animait les manifestants : les promesses de Flavio Bolsonaro de gracier ou d'amnistier son père. Jair Bolsonaro purgeait actuellement une peine de 27 ans de prison en résidence surveillée pour tentative de coup d'État — il avait tenté de s'accrocher au pouvoir après sa défaite électorale de 2022 face à Lula. Le fils promettait aussi des coupes budgétaires drastiques, symbolisées par une paire de ciseaux rappelant la tronçonneuse du président ultra-libéral argentin Javier Milei, son allié. Sans connaître précisément la nature de ces réductions, les manifestants se souvenaient des coupes opérées par Jair Bolsonaro, notamment dans les universités.
La manifestation de mercredi avait rassemblé plus de monde et montré plus de détermination que le rassemblement en présence de Lula au même endroit vendredi précédent, à la fin d'une campagne de premier tour plutôt terne. D'autres manifestations de ce type étaient prévues dans les jours suivants à travers le Brésil. Les deux candidats se préparaient pour le second tour. Flavio Bolsonaro nouait des alliances avec d'autres formations conservatrices et mettait en avant ses projets de réduction de l'État et de réforme fiscale. Il s'était aussi engagé à utiliser la majorité robuste que la droite avait acquise au Parlement lors des législatives du même dimanche pour faire approuver des réformes constitutionnelles.
De son côté, Lula tentait de relancer sa campagne en misant sur les réseaux sociaux, un domaine où le camp Bolsonaro avait longtemps eu l'avantage. Le président, qui se vantait de ne pas posséder de téléphone portable, avait publié mercredi sa première vidéo en mode selfie, exhortant les gens : « Allez, tout le monde dans la rue, allons parler avec les gens. » La campagne montait en régime. Le résultat du premier tour avait provoqué une montée en flèche des cours de la Bourse de Sao Paulo, reflétant l'optimisme des marchés face à une possible victoire de la droite. Avec trois semaines avant le scrutin décisif, le Brésil restait profondément divisé sur son avenir politique.
Bemerkenswerte Zitate
Je suis ici parce que je crois en la démocratie. Parce que j'ai peur— Alice Carneiro, 25 ans, administratrice dans le secteur du transport maritime
Ça ne sert à rien pour moi de réussir le concours d'entrée pour finir dans une université qui manque de financements— Emmanuel Araujo, 19 ans, candidat aux examens d'entrée à l'université