«Bien sûr» il y a du racisme dans les interventions policières, affirme Bally Bagayoko

Des lycéens ont été blessés lors des interventions policières, notamment un garçon de 14 ans étranglé et des mineurs ayant subi des fractures à la mâchoire.
C'est surréaliste car ce sont les enfants de la France
Bagayoko exprime son incompréhension face à la violence policière contre des mineurs manifestant pacifiquement.
Mark

Pourquoi Bagayoko choisit-il de parler à la presse espagnole plutôt qu'aux médias français ?

Mimi

C'est une stratégie classique pour les figures de gauche radicale : contourner les médias nationaux qu'ils perçoivent comme hostiles. El País lui offre une tribune sans filtre.

Luke

Mais on ne sait pas vraiment s'il a refusé des interviews en France ou s'il a simplement accepté celle-ci aussi. Le Figaro rapporte juste qu'il a parlé à El País.

Mark

Il parle de racisme systématique dans la police. C'est une accusation très forte. Dispose-t-on de preuves ?

Mimi

Il cite des cas concrets : un garçon de quatorze ans étranglé, des fractures à la mâchoire chez des mineurs. Et il observe une différence de traitement entre quartiers aisés et populaires.

Luke

Ce qu'il observe, c'est une différence de traitement. Mais le lien direct avec le racisme n'est pas établi ici. La discrimination socio-économique et le racisme ne sont pas la même chose, même s'ils peuvent se chevaucher.

Mark

Pourquoi les images du 6 octobre sont-elles devenues si importantes ?

Mimi

Parce qu'elles montrent un élu en première ligne, protégeant les jeunes. C'est une image forte qui change le récit : ce n'est plus juste des lycéens contre la police, c'est un maire qui prend parti.

Luke

Oui, mais Ciotti dit qu'il attise la violence. On n'a pas vraiment d'analyse indépendante de ce qui s'est passé ce jour-là. Qui a commencé ? Qu'est-ce qui a vraiment provoqué quoi ?

Mark

Bagayoko se décrit comme un père ou un grand frère. C'est une posture politique ?

Mimi

Absolument. Il se positionne comme protecteur, comme quelqu'un qui comprend ces jeunes mieux que l'État. C'est une légitimité qu'il se construit.

Luke

C'est aussi une manière de dire : « Je suis de votre côté », ce qui peut être vu comme de la mobilisation politique ou comme du soutien sincère. Le Figaro ne nous dit pas comment les lycéens eux-mêmes le perçoivent.

  • Des lycéens ont été blessés lors d'interventions policières : un garçon de 14 ans étranglé, des mineurs avec des fractures à la mâchoire — des faits que le maire cite comme preuves d'une violence hors de proportion.
  • Bagayoko affirme sans détour que le racisme est « très clair » dans le comportement des forces de l'ordre, une déclaration qui fracture immédiatement le débat politique national.
  • L'élu dénonce deux vitesses policières : une approche pour les quartiers aisés, une autre pour les quartiers populaires, qu'il qualifie de discrimination contraire au principe républicain d'égalité.
  • Sa présence physique lors de la manifestation du 6 octobre, corps interposé entre CRS et manifestants, lui a valu une visibilité internationale mais aussi des appels à sa révocation par le député Éric Ciotti.
  • Le mouvement lycéen, dans lequel le maire se pose en « père ou grand frère », révèle une fracture politique profonde sur le rôle des élus locaux face aux mobilisations sociales.

Dans une France traversée par les tensions sociales, Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, a choisi de porter publiquement une accusation grave : celle d'un racisme systémique dans les interventions policières contre les lycéens manifestants. En s'interposant physiquement entre les forces de l'ordre et les jeunes de sa ville, puis en accordant une interview au quotidien espagnol El País, l'élu LFI transforme un débat local sur l'ordre public en question universelle d'égalité républicaine. Derrière les images de CRS et de manifestants se dessine une fracture plus ancienne — celle entre une République qui proclame l'égalité et une réalité vécue différemment selon les quartiers.

Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, a accordé une interview au quotidien espagnol El País dans laquelle il dresse un constat sévère des interventions policières contre les lycéens manifestants. Témoin direct des événements, il décrit une violence qu'il juge disproportionnée : un adolescent de 14 ans étranglé, des mineurs souffrant de fractures à la mâchoire. « C'est surréaliste car ce sont les enfants de la France », déclare-t-il, ajoutant que la République semble pourtant les traiter comme des étrangers.

Interrogé directement sur la question du racisme, Bagayoko ne tergiverses pas : « Bien sûr, c'est très clair. » Il décrit une police qui n'intervient pas de la même manière selon que l'on se trouve dans un quartier aisé ou dans un quartier populaire — une discrimination qui, selon lui, trahit le principe même d'égalité républicaine.

L'élu s'est rendu visible lors de la manifestation du 6 octobre en s'interposant physiquement entre les CRS et les manifestants, des images qui ont circulé bien au-delà des frontières françaises. Cette posture lui a valu des attaques politiques : le député UDR Éric Ciotti l'a accusé d'« attiser la violence » et a réclamé sa révocation. La controverse autour du maire de Saint-Denis cristallise ainsi une question plus large : quel rôle un élu local peut-il — ou doit-il — jouer lorsque les jeunes de sa ville descendent dans la rue ?

Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis affilié à La France Insoumise, n'a pas retenu ses critiques lors d'une interview accordée au quotidien espagnol El País, publiée samedi matin. Interrogé sur la conduite des forces de l'ordre face aux manifestations lycéennes qui agitent le pays, il a livré une analyse sans détour des événements dont il a été témoin direct.

L'édile se positionne comme une figure protectrice des jeunes mobilisés, se décrivant comme un « père ou un grand frère » pour ces manifestants. Selon lui, la police a déployé une « violence disproportionnée » contre des lycéens qui, dans leur « immense majorité », manifestent de manière pacifique. Il s'interroge sur la légitimité de certaines interventions : comment un policier peut-il étrangler un garçon de quatorze ans ? Comment les armes employées peuvent-elles fracturer la mâchoire d'un mineur ? Ces questions, pose-t-il, révèlent une absurdité fondamentale. « C'est surréaliste car ce sont les enfants de la France ! Sauf que la République les considère comme des étrangers », déclare-t-il.

Quand le journaliste espagnol lui demande directement s'il voit du racisme dans le comportement des forces de l'ordre, Bagayoko répond sans équivoque : « Bien sûr, c'est très clair. » Il pointe une différence systématique dans la manière dont la police intervient selon les territoires. « Il y a une manière de faire dans les quartiers aisés et une autre dans les quartiers populaires. C'est une discrimination que nous devons condamner », affirme-t-il. Cette distinction entre deux approches policières distinctes selon le profil socio-économique des quartiers constitue, à ses yeux, une violation du principe d'égalité républicaine.

Bagayoko occupe une place centrale dans la couverture médiatique du mouvement lycéen depuis son début. Les images de la manifestation du 6 octobre, où il s'interpose physiquement entre les CRS et les manifestants, ont circulé largement, attirant l'attention de la presse internationale. Cette visibilité lui vaut cependant des critiques de la part de certains responsables politiques. Le député UDR Éric Ciotti l'a notamment accusé « d'attiser la violence » et a demandé sa « révocation » au lendemain de cette même manifestation du 6 octobre. Les accusations portées contre le maire révèlent une fracture politique profonde sur la question de la légitime protestation et du rôle que doivent jouer les élus locaux face aux mouvements sociaux.

Il y a une manière de faire dans les quartiers aisés et une autre dans les quartiers populaires. C'est une discrimination que nous devons condamner.
— Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis
C'est surréaliste car ce sont les enfants de la France ! Sauf que la République les considère comme des étrangers.
— Bally Bagayoko
Envie de l'histoire complète ? Lire l'original sur Le Figaro ↗
Nous contacter FAQ