Les lycéens réclament plus de moyens humains et financiers, des emplois du temps allégés et la fin de la pression de Parcoursup, faute de réponses concrètes du gouvernement. Depuis le début du mouvement, 6629 personnes ont été interpellées, 761 policiers blessés et 215 élèves blessés, avec des incidents policiers controversés documentés.
Acte IV de la mobilisation lycéenne : nouvelles manifestations jeudi, syndicats de l'Éducation en soutien
Seule la victoire permettra le retour au calme
Pourquoi cette mobilisation lycéenne maintenant, après une semaine ? Qu'est-ce qui a déclenché tout cela ?
Les revendications existent depuis longtemps — elles ont même été formulées par une convention citoyenne il y a un an. Mais le gouvernement n'a rien fait. Les lycéens ont décidé que c'était assez.
Attendez, une convention citoyenne a déjà proposé tout cela ? Qui l'a organisée, et pourquoi le gouvernement n'a rien fait ?
C'était le Conseil économique, social et environnemental, à la demande de Macron et de François Bayrou. Mais oui, les propositions sont restées lettre morte.
Et les revendications actuelles, c'est quoi exactement ?
Plus de moyens pour les lycées, des emplois du temps moins chargés, et la fin de Parcoursup. Les chiffres montrent que les lycées manquent de ressources — 10 % des heures de cours n'ont pas été assurées l'année dernière.
Dix pour cent, c'est le chiffre du ministère ? Parce que le Snes-FSU dit que 53 % des établissements manquaient d'au moins un enseignant à la rentrée.
Oui, les deux chiffres viennent de sources officielles, mais ils mesurent des choses différentes. L'un parle des heures non assurées, l'autre des postes vacants.
Et les incidents policiers ? Qu'est-ce qui s'est passé à Dunkerque ?
Un 4x4 de police a foncé au milieu des lycéens, effectuant des manœuvres à vive allure. C'était filmé, largement diffusé. Le ministre parle d'un « fait exceptionnel ».
Mais une enquête disciplinaire a été ouverte, non ? Et à Marseille aussi, pour un coup de matraque ?
Oui, l'IGPN a été saisie de dix-huit enquêtes au total. Mais le ministre dit qu'il n'y a pas de répression policière.
Comment le gouvernement répond à tout cela ?
Il promet une hausse de 1,2 milliard d'euros en 2027 et une plateforme de dialogue. Mais les lycéens veulent des mesures maintenant.
Donc le gouvernement repousse les décisions à la fin octobre, et les réformes budgétaires à 2027. C'est une stratégie d'apaisement, pas une réponse immédiate.
Der Puls
- 2,2 millions d'adolescents étudient dans les 3700 lycées français
- 6629 personnes interpellées, 215 élèves blessés, 761 policiers blessés depuis le début du mouvement
- 10 % des heures de cours n'ont pas été assurées au lycée en 2024-2025
- Hausse de 1,2 milliard d'euros du budget éducatif prévue en 2027
Les lycéens réclament plus de moyens humains et financiers, des emplois du temps allégés et la fin de la pression de Parcoursup, faute de réponses concrètes du gouvernement. Depuis le début du mouvement, 6629 personnes ont été interpellées, 761 policiers blessés et 215 élèves blessés, avec des incidents policiers controversés documentés.
Les lycéens et étudiants maintiennent la pression avec un quatrième acte de mobilisation jeudi en France, réclamant des mesures concrètes face à l'inaction gouvernementale sur leurs revendications éducatives.
Depuis une semaine, les lycéens français refusent de lâcher prise. Faute de réponses concrètes du gouvernement, ils organisent jeudi un quatrième acte de mobilisation — des blocages et des manifestations prévus à Paris et dans d'autres villes du pays. Mercredi matin, environ trente personnes bloquaient encore l'Institut catholique de Paris, laissant les étudiants confus devant les portes fermées. Le mouvement s'est construit sur des revendications précises : plus de moyens humains et financiers pour les 3700 lycées où étudient 2,2 millions d'adolescents, des emplois du temps moins chargés, et la fin de la pression exercée par la plateforme Parcoursup.
Ces demandes ne sortent pas de nulle part. Il y a près d'un an, une convention citoyenne réunie pendant six mois — composée de 133 adultes tirés au sort et de 20 jeunes de 12 à 17 ans — avait déjà formulé des propositions similaires : des cours commençant plus tard, des bâtiments adaptés au changement climatique, moins de pression sur l'orientation. Le gouvernement n'avait rien fait de ces recommandations. Morgane Josses et Mathieu Alison, co-présidents de l'association née de cette convention, observent que la mobilisation lycéenne actuelle « fait un écho très fort » à ces constats restés lettre morte. Les jeunes dénoncent un rythme scolaire pensé autour des contraintes des adultes plutôt que des besoins physiologiques des adolescents, un manque de temps libre, et une pression croissante à l'approche de Parcoursup.
Les chiffres révèlent l'ampleur du problème. En 2023, le ministère de l'Éducation a dépensé en moyenne 8550 euros par lycéen. En Île-de-France, les dépenses par élève restent en dessous de la moyenne nationale, tandis que la taille des établissements y est souvent plus importante, ce qui réduit les taux d'encadrement. Les enseignants parisiens sont aussi plus jeunes et moins bien payés. À la rentrée, au moins un enseignant manquait dans 53 % des collèges et lycées publics, selon le Snes-FSU. Durant l'année 2024-2025, 10 % des heures de cours n'ont pas été assurées au lycée. Le ministre Édouard Geffray a reconnu qu'un remplacement intégral était « statistiquement quasi impossible ». Les classes de lycée comptaient en moyenne 30 élèves en 2025, contre 27 en 2010.
Le coût humain de cette mobilisation s'est avéré lourd. Depuis le début du mouvement, 6629 personnes ont été interpellées. Deux cent quinze élèves ont été blessés, 89 membres du personnel enseignant ont été touchés, et 761 policiers ou gendarmes ont subi des blessures. Des incidents policiers ont soulevé des questions. À Dunkerque, lundi, un 4x4 de la Police nationale a foncé au milieu d'un rassemblement de lycéens, effectuant des manœuvres à vive allure, montant sur un trottoir, repartant en marche arrière. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé une enquête disciplinaire, la qualifiant de « fait exceptionnel ». À Marseille, un adolescent de 17 ans a été blessé à la tête, apparemment par un coup de matraque, lors d'un rassemblement devant le lycée Marie-Curie. L'IGPN a été saisie de dix-huit enquêtes au total. Devant la commission des Lois de l'Assemblée nationale, Nuñez a estimé qu'il était « excessif de parler de répression policière », affirmant qu'il n'y avait « pas d'intervention quand il y a des lycéens qui manifestent pacifiquement ». Il a cependant suspendu l'usage des grenades assourdissantes pour les manifestations lycéennes.
Le gouvernement tente de reprendre l'initiative. Sébastien Lecornu, le premier ministre, s'est adressé mercredi soir aux lycéens avec empathie, reconnaissant une génération « entrée dans l'adolescence pendant le Covid ». Il a promis de l'écoute — une plateforme en ligne a été ouverte pour recueillir les revendications, avec plus de 40 000 contributions — et des « moyens ». Le projet budgétaire de 2027 prévoit une hausse de 1,2 milliard d'euros pour l'Éducation nationale. Lecornu a aussi assuré que les forces de l'ordre « n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens ». Les premières décisions du gouvernement seront présentées à la fin du mois d'octobre.
Mais les jeunes demandent des mesures immédiates, pas des promesses pour 2027. Mercredi matin, 459 établissements connaissaient une suspension totale ou partielle des cours, contre 891 mardi. Les principaux syndicats de l'Éducation nationale — SNES-FSU, CGT, FO, Sud et Unsa — ont annoncé leur participation à la mobilisation de jeudi. L'Union étudiante appelle à « continuer la mobilisation », tandis que l'Union syndicale lycéenne affirme que « seule la victoire permettra le retour au calme ». Les représentants lycéens et étudiants demandent à être reçus par le premier ministre. Jeudi marquera l'« acte IV » du mouvement — après les actes des 29 septembre, 1er octobre et 6 octobre. Les modalités précises restent à détailler, mais Sandrine Kharbach, porte-parole de l'Union étudiante, a promis une « grande date de mobilisation ».
Bemerkenswerte Zitate
La mobilisation lycéenne fait un écho très fort à la convention citoyenne— Morgane Josses et Mathieu Alison, co-présidents de l'association née de la Convention citoyenne sur les temps de l'enfant
Seule la victoire permettra le retour au calme— Union syndicale lycéenne